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Senegal

Protection des enfants migrants non accompagnés en Afrique de l'Ouest.

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En Afrique de l'Ouest, précisément au Bénin, Burkina Faso, Guinée, Mali et Togo, Terre des hommes s'est donnée la mission de réduire les risques de la mobilité des enfants, sans pour autant perdre de vue les opportunités qu'elle peut offrir. En mobilisant Etats, société civile, communautés et opinion publique, Terre des hommes et ses partenaires développent tout un système de protection des enfants migrants. Ce système permettra non seulement de sécuriser le chemin des enfants, depuis leur départ jusqu'à leur retour chez eux, mais également de lutter contre l'exploitation, la traite et la maltraitance à l'encontre des enfants.

Le contexte

Phénomène culturel majeur en Afrique, poussé par des conditions de vie difficiles, la migration est perçue, souvent à juste titre, par les enfants et leurs familles comme une opportunité de réussite ou de survie. Les services offerts dans leur village ne leur laissent souvent pas d'autres choix que de partir en quête d'un avenir plus digne. Malheureusement, les Etats généralisent toute migration à une forme d'exploitation et n'offrent alors pas toute la protection dont les enfants ont besoin, tout au long de leur parcours. Pourtant les risques sont nombreux. Beaucoup d'enfants, soumis à eux-mêmes, subissent des maltraitances physiques et morales, sur leur lieu de vie d'origine, leur route et à leur destination. D'autres sont entraînés dans des situations de traite et d'exploitation: enrôlés comme enfants-soldats, réduits à l'esclavage, la servitude, les travaux forcés, les activités illicites, l'exploitation sexuelle.

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La situation des enfants

  • 35 millions de migrants ont moins de 20 ans.
  • 62% de ces migrants résident dans des pays en développement.
  • En Afrique, 29% d'entre eux sont âgés de 15 à 19 ans, 22% de 0 à 4 ans.
  • 59 millions d'enfants âgés de 5 à 17 ans travaillent en Afrique subsaharienne (plus d'un enfant sur cinq).
    Sources: ONU, OIT.

Responsable: Herman Zoungrana
Mise en œuvre conjointe avec: Enfants Solidaires d'Afrique et du Monde (ESAM, Bénin), Association des Enfants et Jeunes travailleurs du Burkina (AEJTB, Burkina Faso), Sabou (Guinée), Environnement et Développement du Tiers Monde (ENDA, Mali), Entreprises, Territoires et Développement (ETD, Togo).
Budget: CHF 2,5 millions
Financé par: Union Européenne

Bénin
3400 enfants migrant sont soutenus par Tdh et son partenaire national ESAM. Il s'agit principalement de jeunes filles togolaises de moins de 14 ans accompagnées, mais également de jeunes filles voyageant seules. Elles partent vers les localités du sud du Bénin: Hillacondji, Comè, Dévé, Cotonou et Porto Novo.
Tout au long de la route entre Lomé et Cotonou, ces jeunes filles reçoivent une protection contre les risques et violences qu'elles peuvent subir et sont accompagnées pour la réussite de leur voyage et projets. Elles sont accueillies et soutenues dans deux centres pour enfants, les “Points Espoir”, installés sur leur trajet et grâce à six projets développés par les communautés avec l'appui de Tdh. Pour assurer la durabilité de ce travail et impliquer le pays à la protection de ces enfants, des membres du gouvernement et de la société civile ainsi que des travailleurs sociaux, agents des forces de l'ordre et journalistes sont sensibilisés à la problématique de la mobilité des enfants et formés à savoir et pouvoir les protéger. Un travail de plaidoyer est mené vers le Gouvernement en vue de l'adoption et de la mise en place d'un modèle national de prise en charge des enfants migrants.

Burkina Faso
Tdh et son partenaire local AEJTB soutiennent essentiellement des jeunes filles migrant depuis cinq provinces du pays jusqu'aux grandes villes du Burkina et du Mali. Elles y travaillent comme domestiques et sont malheureusement souvent victimes de mauvais traitements.
Tdh accompagne l'Etat et les communautés à développer un système de protection déjà présent mais peu appliqué. A terme, ils seront capables de prévenir les risques de la migration, de protéger les enfants victimes de violences, et de leur offrir de vraies opportunités: éducatives ou professionnelles. Aujourd'hui, Tdh soutient les autorités, communautés et familles à savoir écouter les enfants et leur apporter des conseils et orientations pour préparer leur avenir: rejoindre l'école, une formation professionnelle, monter une entreprise. Un réseau entre les communautés et les services de l'Etat est mis en place pour suivre et accompagner les jeunes filles qui ont décidé de partir en migration, notamment afin de minimiser les risques de violences qu'elles pourraient subir. Les enfants qui souffrent de violences bénéficient d'une prise en charge psychologique, psychosociale, médicale, judiciaire ou juridique.

Guinée
Tdh, accompagnée par l'organisation nationale Sabou Guinée, intervient auprès de 2800 enfants migrants. Ces enfants partent pour la plupart des zones rurales en destination des grandes villes de Conakry et N'Zérékoré. Mais d'autres, originaires des villages ou mêmes de ces villes, sont attirés par les sites d'exploitation d'or et de diamants, situés en milieu rural.
Tdh se rend dans les communautés pour prévenir les familles et autorités de tous les risques encourus par les enfants migrants. Ici, et sur leur route, Tdh repère les enfants vulnérables ou victimes de violences, les écoute et les encadre pour qu'ils puissent rester chez eux ou que leur projet aboutisse. Certains bénéficient d'un soutien psychologique, psychosocial ou médical. Des activités génératrices de revenus sont proposées aux familles les plus pauvres et les auteurs de violation des droits des enfants sont dénoncés auprès des autorités compétentes. Tdh forme et travaille en collaboration avec des organisations nationales et les structures existantes de protection de l'enfance, mises en place par l'Etat et les communautés.

Mali
2200 enfants migrants vont bénéficier des activités de Tdh et de l'organisation nationale ENDA-Mali. Ces enfants quittent les zones rurales pour rejoindre les grandes villes du Mali ou du Burkina Faso. Parmi eux, Tdh soutiendra 300 filles burkinabè qui partent comme domestiques à Mopti au Mali.
Tdh a débuté ce projet en juin 2013. Elle identifie d'abord les chemins qu'empruntent ces enfants, notamment grâce à un système d'alerte mis en place avec l'Etat et les communautés. Deux “Points Espoir” seront bâtis sur ces routes. Les enfants pourront s'y réfugier et y trouveront conseils, orientation et protection dans leur projet personnel ainsi que des aides médicales, psychosociales et juridiques. Tdh accompagnera six projets développés par les communautés et dix clubs d'enfants, tous chargés de veiller au bien-être des enfants, depuis leur départ, sur leur route et à leur destination. Grâce à l'engagement des médias et d'autres organisations, enfants, communautés et employeurs seront sensibilisés sur les dangers de la migration, et les risques encourus lorsqu'un enfant est victime de violences.

Togo
Tdh et son partenaire local ETD soutiennent 8000 enfants vulnérables ou victimes d'exploitation. Parmi eux, 2000 enfants venant de 12 villages des préfectures de Vo et Akébou, partent vers les capitales de Lomé au Togo et d'Accra au Ghana.
Tdh sensibilise communautés et employeurs aux conséquences néfastes d'une mobilité mal organisée. Grâce à des visites familiales et activités psychosociales pour les enfants, les communautés, avec l’appui de Tdh, repèrent ceux qui planifient un voyage, qui le vivent ou l'ont vécu. Les enfants sont écoutés, conseillés, pour qu'ils trouvent des solutions alternatives à leur mobilité, dans lesquelles sont impliqués familles et proches. Les enfants qui choisissent de partir sont également accompagnés: ils sont mis en contact avec des associations en charge de veiller à leur protection tout au long de leur parcours. Ils se retrouvent à Lomé et Accra dans des “Points Espoir” où ils reçoivent un soutien psychologique, juridique, scolaire, médico-social… Tdh soutient des organisations nationales, le Ministère de l'Action Sociale, des institutions et associations communautaires à développer des systèmes de protection des enfants plus performants.

Au travers des cinq pays d'intervention (Bénin, Burkina Faso, Guinée, Mali, Togo), les objectifs sont de:

  • Soutenir 11'000 enfants
  • Accompagner les communautés à développer 30 projets de protection des enfants migrants qui aideront 3000 enfants;
  • Sensibiliser et former 24 journalistes et 60 acteurs de la société civile;
  • Amener 5 délégations nationales des Etats à inclure dans leurs discours les priorités relatives à la protection des enfants migrants et/ou à risques de migration précoce;
  • Conduire les pays d’intervention à adopter un modèle national de prise en charge des enfants migrants;
  • Soutenir 15 activités des plans d'action nationaux afin de renforcer la protection des enfants migrants;
  • Intégrer des standards, des procédures et des outils de prise en charge des enfants migrants dans au moins 2 accords bilatéraux;
  • Insérer les modèles de prise en charge des enfants migrants dans les stratégies et plans d'actions des acteurs clés de la protection (étatiques, institutionnels, communautaires, etc.).

Dans ce pays nous traitons des thématiques suivantes

Témoignage

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