Brésil: La police-militaire face aux "Enfants Invisibles"
6 août 2012 Justice juvénileBrésil
100 agents de la police-militaire ont été confrontés au quotidien que subissent la plupart des adolescents qu’ils arrêtent tous les jours pour diverses infractions. Une occasion d’ouvrir le dialogue entre ces policiers et des adolescents, autour des thèmes de la garantie des droits de l’homme en toutes circonstances, et du soutien à apporter à ces enfants.
Les “Enfants Invisibles”, film commissionné par l’UNICEF, continue de bouleverser la conscience des adultes. Au travers de sept courts-métrages, de grands réalisateurs (Emir Kusturica, John Woo, Jordan et Ridley Scott…) nous dévoilent les durs destins d’enfants issus des quatre coins du monde. Chacun des sept courts-métrages évoque une situation de précarité matérielle et affective endurée par les enfants dans différents pays: enfants soldats, maltraités, vivant dans les rues, en prison… tant de situations que Terre des hommes côtoie dans ses projets.
Au Brésil, Tdh est bien connue pour son action en faveur de la réinsertion des enfants délinquants ou de la lutte contre leur placement en prison, plutôt que dans des espaces ouverts, respectueux de leurs droits. Initiée par l’Académie d’Etat de sécurité publique du Ceará (nord du Brésil), “Les Enfants Invisibles” a été diffusé devant 100 agents de la police militaire pour les confronter à la réalité que subissent des millions d’enfants, et notamment les enfants délinquants. Ces agents de police sont les premiers à entrer en contact avec les enfants qui commettent des infractions, et nombre d’entre eux violent leurs droits basiques et interfèrent négativement dans leur réinsertion.
Suite à la diffusion du film, une séance de débat a eu lieu entre ces policiers et des spécialistes de la justice juvénile, le tout modéré par les collaborateurs de Tdh dont Isabel de Sousa, selon qui: “Cet espace de débat a une importance capitale, parce qu’il fait avancer la sécurité publique nationale, en mettant l’accent sur le besoin de former les professionnels de la sécurité aux droits humains”.
Les discussions ont porté sur les bonnes pratiques dans le système judiciaire, telles que l’approche de la police auprès de ces jeunes, ou l’importance de leur présence constante et du soutien à leur apporter. Bien que ces adolescents aient commis des infractions, leurs droits doivent en effet être respectés et tous les efforts doivent être entrepris pour leur assurer une réinsertion sociale et éducative digne de leurs droits.
