EPFL: Retour sur une conférence entre technologies et développement durable
30 août 2012 DiversSuisse
Jean Claude Bolay, Directeur du Centre de coopération et développement, revient sur la conférence organisée par la chaire UNESCO de l’EPFL, du 29 au 31 mai dernier. Cette conférence a permis de réunir chercheurs et travailleurs de la coopération sur le thème de la réduction de la pauvreté grâce aux technologies du développement durable. Le projet REC (Registre électronique des consultations, qui permet d’améliorer la prise en charge médicale des patients) entre l’EPFL et Terre des hommes est à ce titre exemplaire de la collaboration entre académiciens et professionnels du terrain.
Source : EPFL
Quelles sont vos impressions sur cette deuxième édition?
Jean-Claude Bolay : C’est une belle réussite qui nous encourage à persévérer dans cette voie : 80% des participants souhaitent venir à la prochaine rencontre ! Mais la coopération et le développement sont un travail de longue haleine. Les milieux professionnel et académique s’ignorent encore trop, voire se méfient l’un de l’autre. Il faut donc réfléchir à comment initier de meilleurs transferts de technologie, réaliser des projets communs.
Comment allez-vous briser ces barrières?
Une piste que nous allons explorer sera d’impliquer les ONG et les fondations plus en amont. Par exemple dans l’organisation de la conférence pour mieux répondre à leurs besoins. L’autre point important est d’améliorer la participation des chercheurs de l’Ecole ! Nombreux sont ceux qui ont une expérience dans la coopération – ils pourraient la partager –, alors que d’autres pourraient développer leurs idées grâce au fonds Seed Money. Il faut donc renforcer le dialogue.
Toute cette énergie à déployer pour parvenir à ce dialogue ne démotive-t-elle pas à la longue?
C’est avant tout un défi ! Nous avons sélectionné des participants dont les travaux étaient particulièrement bons scientifiquement et qui répondaient concrètement aux besoins du développement durable dans le sud. Cette qualité et le fait d’avoir un équilibre entre participants académiques et non-académiques ont permis un dialogue naturel. C’est donc la même énergie que si nous organisions une conférence scientifique de haut niveau.
Et que répondez-vous à ceux qui trouvent ces discussions trop éloignées des besoins du terrain?
Nous avons justement été attentifs à faire participer des gens du terrain, mais aussi des chercheurs des pays concernés. Une démarche résolument volontaire. Grâce à nos sponsors, trente-cinq participants de pays en voie de développement ont pu être invités et leurs frais pris en charge. Ce genre d’événement permet des rencontres qui servent de catalyseur à des projets concrets sur le terrain. Par exemple, le projet entre l’EPFL et Terre des hommes. Le but est de développer des moyens de communication spécifiques pour des centres de santé au Burkina Faso. Des responsables de cette organisation et des chercheurs de l’EPFL vont partir ensemble sur le terrain en novembre.
Finalement, avez-vous une anecdote ou un moment qui a plus retenu votre attention?
Lors d’une séance de questions, plusieurs chercheurs de l’assistance s’adressaient au professeur Soete. Pierre Landolt, de la banque éponyme, a pris la balle au bond et a également voulu donner son point de vue. Il en a résulté une discussion très riche et pleine d’humour entre un intellectuel et un entrepreneur. C’était intéressant de constater que tous sont concernés par les mêmes questions quant au développement durable et que les approches sont réellement complémentaires.
