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Haïti/Un an après : Eau potable, hygiène, assainissement : une course contre la montre

6 jan. 2011 Crises humanitairesHaïti

Journelavagedesmains.JPG Avant le tremblement de terre, dans les zones urbaines de l’île comme dans les régions rurales, les latrines et les points d’eau potable étaient déjà très rares et très mal entretenus. Les habitants s’exposaient à des maladies pourtant évitables, telles que diverses infections ou le choléra. Dans certains quartiers, seulement 27% des foyers possèdent des latrines et 34% de celles-ci sont hors services. En détruisant des captages de sources et autres infrastructures existantes, le séisme a alors aggravé une situation sanitaire déjà extrêmement précaire. Terre des hommes – aide à l’enfance (Tdh) s’est fixée pour objectif d’améliorer l’accès à l’eau, de construire des latrines et de réduire les risques de maladies par la promotion à l’hygiène, en freinant l’expansion massive du choléra.

Au lendemain du séisme, les blessés provenant de la région de l’épicentre affluaient vers les centres de santé des régions limitrophes. L’équipe de Tdh, qui délivrait des services en santé primaire et nutrition dans le département du Sud depuis plus de 20 ans, est immédiatement intervenue en support aux deux hôpitaux de la ville des Cayes. Au-delà du soutien paramédical, Tdh s’est également chargée d’ouvrir des accès à l’eau potable, de construire latrines et douches et d’assainir les lieux, afin de pourvoir à l’hygiène dans les parties hospitalières et d’éviter les contagions.

Trois jours après la catastrophe, Tdh s’est attelée à rétablir l’accès à l’eau potable et à améliorer l’assainissement et l’hygiène dans les sites d’hébergement des personnes sinistrées dans les départements de l’Ouest et du Sud. Olivier Vieu explique: “Nous travaillions à côté de maisons écroulées, où des gens ont décidé de rester. Les premières semaines, ils n’avaient plus rien: ni douche, ni latrine, et certains buvaient dans des flaques d’eau”. Des kits d’hygiène (pots pour bébé, savons, brosses de toilettes…) ont été distribués aux familles et des réservoirs souples d’eau (remplis chaque jour par camion) ont été installés en urgence. 9’350 personnes ont ainsi pu retrouver accès à l’eau potable.

afiche2page6.jpg Après cette première phase d’urgence, la priorité a été mise sur la durabilité des actions de Tdh. Des puits ont été réhabilités et forés, et des pompes à main sont venues remplacer les réservoirs souples d’eau. En parallèle, Tdh a voulu impliquer totalement les communautés, en les rendant capables d’entretenir elles-mêmes leurs puits. Des habitants ont donc été formés à la maçonnerie par l’équipe de Tdh et ont pu construire plus de 1’500 latrines, avec l’appui matériel de Tdh et la participation des familles. Des “comités de gestion de l’eau” ont été établis et sont aujourd’hui responsables d’alimenter en eau chaque village et de promouvoir l’hygiène auprès de leur communauté. Grâce à cette participation communautaire, des dizaines de villages ont ainsi reçu les moyens de gérer de manière durable et indépendante leurs accès à l’eau.

Depuis le début de l’épidémie de choléra, en octobre, Tdh a intensifié les séances de promotion à l’hygiène, en incluant des messages de prévention et des mesures d’hygiène sévères, pour faire face à l’épidémie. Les équipes de Tdh (220 employés haïtiens et 20 expatriés) ont été formées et préparées à se protéger contre la maladie. Elles interviennent en priorité auprès de l’unité hospitalière pédiatrique des Cayes ainsi qu’auprès de 44 centres résidentiels pour enfants (crèches, orphelinats), pour prévenir l’épidémie. Le personnel de toutes ces institutions a été préparé à savoir réagir à l’infection. Six équipes mobiles de Tdh, composées de spécialistes la santé et de l’hygiène, interviennent chez les personnes malades, assurent une grande sensibilisation dans les communautés, chlorent les points d’eau et désinfectent les espaces infectieux (toilettes, douches, lits, cuisines, sols). Près de 8’000 savons, bouteilles d’eau de javel, sceaux équipés de robinets, pastilles de chlore ou encore thermos ont été distribués aux communautés et institutions accueillant des enfants. Le professeur Michel Roulet, pédiatre qui a vécu plusieurs épidémies en contextes humanitaires, souligne : “J’éprouvais des craintes sur les capacités à répondre à la nouvelle crise sanitaire. Je constate aujourd’hui que les équipes de Tdh réagissent avec compétences, avec intelligence auprès des malades et des communautés. Le Centre de traitement du choléra de Grand Goâve, qui comprend une centaine de lits, est remarquablement conduit avec d’autres ONG”.

Pointdeaupage6.jpg Lancé fin novembre, l’appel de Tdh à la mobilisation contre le choléra n’est pas resté sans réponse. Cinq spécialistes du Corps suisse d’aide humanitaire renforcent ses équipes depuis décembre contre l’épidémie, après la doctoresse déjà prêtée à Tdh par les Hôpitaux universitaires de Genève. Le Corps suisse fournit également le matériel nécessaire au traitement de 2’000 malades. Aux Cayes (département du Sud), dans la troisième agglomération d’Haïti, Médecins Sans Frontières Espagne assure désormais le volet médical du Centre de traitement du choléra. Avec d’autres ONG, Tdh a ouvert un nouveau Centre de traitement du choléra à Grand Goâve (département de l’Ouest).

Durant les prochains mois, Tdh va poursuivre ses activités en eau, assainissement et hygiène dans les zones rurales les plus reculées mais aussi dans des zones urbaines. Dans la région goâvienne, Tdh travaille avec Médecins du Monde Suisse qui développe une approche en santé communautaire, en complément de la sienne sans intervenir dans les domaines de l’hygiène et de l’assainissement. Tdh prend en charge cette intervention. Il s’agit de construire ou réhabiliter des sources d’eau et installer des latrines dans les foyers de zones rurales difficiles d’accès. Au Sud, 6’000 personnes vivent en situation très précaire car les fréquentes inondations de la rivière, le très faible dénivelé (bord de mer) et les mauvaises pratiques d’hygiène engendrent une forte exposition aux contaminations. Tdh prévoit de consolider ses activités dans onze localités et dans cinq quartiers plus vulnérables de la ville des Cayes.

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