Népal: Dépasser le fatalisme du handicap
17 août 2012 Soins spécialisésNépal
Dans certains villages des montagnes escarpées du Népal, le handicap physique est fatalement perçu comme une punition des dieux. Ces croyances constituent une première barrière à l’intégration des enfants souffrant de handicap physique au sein de leurs familles et de leurs communautés. Leurs accès aux soins et aux traitements sont limités, ainsi que leur scolarisation. Aujourd’hui, un million de népalais souffrirait de handicaps physiques, alors que 30 % de ces handicaps seraient évitables. Selon Terre des hommes (Tdh), une cause extérieure favorise la formation de handicaps: la malnutrition, induite par la pauvreté dont souffre nombre de népalais.
Tdh et une association nationale, Friends of the Disabled (FOD), ont construit un hôpital de rééducation pour enfants souffrant de handicaps, dans la région de Banepa. Depuis 1993, ce centre médical permet à des enfants de recevoir des soins médicaux de qualité et adaptés à leurs besoins. Les employés du centre leur apporte également un soutien social, en aidant leurs familles et communautés à les accepter, et les réintégrer parmi eux, ainsi qu’à l’école. En effet, 85% des enfants pris en charge dans 26 districts du Népal sont exclus du système scolaire et de leur groupe de pairs.
Impliquer la famille et la communauté
La rééducation des enfants souffrant de handicap offre de meilleurs résultats avec l’implication de la famille et de la communauté. Le projet a donc intégré cette dimension familiale et sociale à son programme de rééducation. Tout au long du suivi, les membres de la famille et l’enfant sont d’abord formés sur les soins à appliquer, une fois le traitement terminé. Puis, ils sont conseillés sur les façons d’adapter leur environnement de vie en fonction des besoins spécifiques de l’enfant. Parallèlement, les populations sont également sensibilisées sur les droits de ces enfants et sur la prévention du handicap, causé notamment par une alimentation non adaptée. Les compétences et les connaissances sont ainsi transférées du centre de soins vers les foyers et les villages concernés par le handicap physique. Afin de garantir le suivi des soins et s’assurer de la justesse des pratiques, les médecins visitent régulièrement leurs patients à domicile.
Élargir l’accès aux traitements et aux soins
Trois filiales de l’hôpital de rééducation pour enfants souffrant de handicap ont été implantées dans les districts de Baglung, Banke et Sunsari, afin de mener notamment des opérations de chirurgie orthopédique. Les services hospitaliers et de rééducation ont ainsi élargi leurs accès à un niveau régional. Ces filiales améliorent, d’une part, le suivi des traitements et des progrès de la rééducation, et d’autre part, facilitent la mise en place de camps de rééducation dans les villages les plus isolés. L’implication des communautés et leurs sensibilisations à la problématique du handicap ont conduit à une amélioration des dépistages et, par conséquent, des prises en charge des enfants dépistés par les services les plus adaptés.
A ce jour, le projet a permis à 2285 enfants de bénéficier de chirurgies reconstructives et des prothèses ont été distribuées à 2300 enfants. Au terme du projet en 2013, plus de 17’000 enfants souffrant d’un handicap physique auront bénéficié des services de rééducation à base communautaire, via les suivis et les visites à domicile, et plus de 7000 d’entre eux auront suivi des séances de physiothérapie afin de devenir indépendant dans la vie de tous les jours. La grande majorité de ces enfants pourra ainsi plus facilement intégrer l’école, comme c’est le cas déjà pour 3555 enfants.
