Roumanie: "Trop de gens se contentent de dénigrer la misère rom"
7 sept. 2012 Trafic, abus et exploitationRoumanie
Venus du sous-continent indien – du Radjastan notamment – dès le 11e siècle, les Roms ont longtemps gardé le statut d’esclaves en Roumanie. Une affiche de 1852 témoigne encore de la mise en vente publique de 38 filles et garçons, hommes et femmes “de bonne santé”. Les masures roms se trouvent encore souvent à la périphérie des villages et illustrent la vie en marge des familles. C’est en revanche au cœur des localités que les cigognes (autres migrateurs!), coiffent de leurs nids immenses les poteaux téléphoniques.
Faisant le point de sa visite sur place en juillet en tant qu’ambassadeur de Terre des hommes pour les droits de l’enfant, Jean-Marc Richard observe : “Trop de gens se contentent de dénigrer la misère rom, au lieu de donner leurs chances à tous.” Face à l’illettrisme de beaucoup d’adultes, Terre des hommes facilite le maintien à l’école des enfants pauvres. Des cours d’appui remettent à niveau les plus fragiles. Mais il faut faire évoluer les mentalités aussi. C’est au travers des jeux ou des activités sportives qu’enseignants, éducatrices, Roms et Roumains de souche apprennent à coopérer. Ils parlent et partagent ensemble, ils sortent du déni, ils abandonnent les méfiances mutuelles.
Première professeure d’origine rom à l’université de Bucarest, Dieva s’engage avec l’association qu’elle préside pour une vraie reconnaissance de la culture de son ethnie. Son exemple individuel est encourageant. Il montre qu’une intégration dans la société roumaine est compatible avec la mise en valeur des coutumes et traditions minoritaires. L’association de Dieva est l’une des quatre partenaires avec lesquelles Terre des hommes approfondit désormais l’insertion des plus vulnérables. En leur donnant une place durable à l’école, filles et garçons défavorisés augmentent leurs chances d’avoir un métier, des revenus, de prendre part à la société. Bel enjeu!
