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L’histoire d’Egide et Fabrice

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Une prison sordide, autogérée, hiérarchisée, souvent sans eau ni nourriture. Deux enfants dénoncent les rackets subis par les prisonniers adultes, les coups reçus par les autres mineurs et les très rares interventions des gardiens.

Egide, 15 ans, Fabrice, 14 ans, ont été accusés de viol sur une fillette de 4 ans. La mère de cette enfant l’avait retrouvée l’entrejambe déchiré. Convaincue qu’il s’agissait d’un viol, elle a facilement pu orienter les procédures d’enquête et faire des deux garçons des criminels.

Interpellée par l’âge précoce de ces enfants, Terre des hommes a rapidement pris l’affaire en charge. Les travailleurs sociaux ont engagé des avocats avec lesquels ils ont vérifié le respect des procédures judiciaires et juridiques. Ils ont reconstitué l’histoire, réuni témoignages, preuves et expertises médicales: la fillette avait seulement une infection due à l’utilisation d’une plante comme papier hygiénique.

Après une année de prison, les garçons ont été acquittés et ont rejoint leurs familles. Quand la grand-mère de Fabrice se rappelle ce moment, elle rit et applaudit, les larmes aux yeux. Pourtant, les enfants ont maintenant dépassé les délais pour reprendre un processus scolaire normal. Et avant l’intervention de Tdh, les deux familles avaient déjà dépensé leurs économies pour suivre l’affaire. Le travail de Tdh n’est donc pas encore fini: les enfants seront accompagnés dans leur réinsertion sociale et dans leur insertion professionnelle. «Et des enfants, il y en a plein en prison», rappelle Egide.

- Egide, bénéficiaires de Tdh au Burundi