
En Suisse tout comme en Belgique, en Espagne ou en France, des mineurs non accompagnés abandonnent les institutions où ils sont placés ou fuguent sans laisser de trace. Les autorités renoncent le plus souvent à les rechercher activement, sans égard pour leur protection. Des juges pour mineurs ou des responsables d’instances migratoires estiment que jusqu’à la moitié des enfants étrangers séparés de leurs familles disparaissent ainsi. Les effectifs des mineurs non accompagnés font eux-mêmes l’objet de statistiques incertaines : 631 en Suisse en 2008 dans le seul domaine de l’asile (ne comprend pas les sans papiers), 1393 signalés en Belgique, 5000 estimés sur sol français, aucun recensement espagnol.
Dans sa préface à l’étude, le vice-président du Comité des droits de l’enfant des Nations Unies Jean Zermatten relève la triple vulnérabilité des concernés, en tant qu’enfants, étrangers et dépourvus d’accompagnement. Il souligne: «…ils ont droit à la même attention et aux mêmes prestations de qualité que tous les autres enfants placés (…). Si donc un enfant, quel que soit son statut, et quel qu’en soit le motif, disparaît d’une institution, toutes les procédures habituelles doivent être déclenchées: la responsabilité de l’institution, et celle de l’Etat, sont engagées.» L’étude recense notamment les risques auxquels ces enfants séparés s’exposent : dégradation sanitaire et psychologique, trafic de drogue, délinquance sous contrainte, exploitation au travail, exploitation sexuelle… Plusieurs témoignages cités accréditent malheureusement la réalité de ces dangers.
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Explications sur la RSR1 et interview de Bernard Boëton, responsable du secteur droits de l'enfant à Tdh.




