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Dans certaines sociétés, latines ou musulmanes, Terre des hommes s’engage dans des activités de prévention et de protection liées à l’abandon maternel. C’est notamment le cas en Roumanie et au Maroc.

Dans le premier cas une très grande pauvreté et la piteuse structure sociale héritée du régime communiste à la Ceausescu, dans les deux autres un contraste important entre une volonté politique d’ouverture sociale et une morale et une culture encore très empreintes de dogmes religieux, sont autant de raisons pour que l’abandon maternel reste une réalité lourde de conséquences sociales, les femmes étant victimes d’ostracisme. Terre des hommes mène des campagnes de prévention et des programmes de soutien à des structures sociales.


 Tdh Muller creche MarocLa vision de Terre des hommes…
Comment une mère peut-elle se résoudre à abandonner son nouveau-né? Incompréhensible aux yeux du plus grand nombre, il s’agit pourtant d’un phénomène qui, même s’il n’atteint pas des proportions systématiques, n’en reste pas moins préoccupant.

Pour Terre des hommes, une définition de l’abandon maternel, souvent constaté en milieu hospitalier ou en institutions spécialisées, est que «l’enfant abandonné ne reçoit pas la visite de sa famille pendant parfois plusieurs mois». Dans des pays où les structures sociales et sanitaires sont encore en développement, il n’y a que peu de procédures et de savoir-faire développé pour la prise en charge de ces cas. Les conséquences de l’abandon sont pourtant dramatiques pour l’enfant: carences affectives, retard psychomoteur, ou à terme risques de trafic ou augmentation des enfants en situation de rue.

En Roumanie, le phénomène est directement lié à la paupérisation de la société, à la marginalisation économique, et au manque d’éducation de bon nombres de femmes, de petites gens ou encore de minorités comme les Roms. A cela vient s’ajouter d’importantes carences dans le domaine de la prise en charge sociale des groupes à risque. Qu’il s’agisse de l’Algérie ou du Maroc, on constate que la nouvelle politique sociale prônée par le Roi Mohammed VI par exemple se heurte encore à de vives résistances de toute une partie de la société, pour laquelle une culture morale surprotège l’homme au détriment de la femme, et cautionne une pression sociale débouchant sur l’abandon maternel.


Tdh Muller pouponniere MarocL’action de Terre des hommes…
En Roumanie, une enquête préliminaire nous a permis de déterminer que le taux d’abandon maternel en maternité (en moyenne 2%!) était moins élevé lorsque ces structures étaient dotées de prestations d’assistance sociale.

Notre travail se développe donc sur trois axes principaux: le développement de l’accès à l’éducation et la promotion d’une image saine de la femme et de la mère; la prévention des grossesses non désirées par une meilleure éducation et le développement de centres de planification familiale dans des milieux défavorisés; enfin, un important travail de développement du travail social: formation de travailleurs sociaux, soutien à la création de structures sociales intégrées aux services publics, et visites à domicile des familles à risque.

En Algérie, où l’aventure Terre des hommes a débuté en 1960, nous soutenons aujourd’hui une association locale disposant de pouponnières dans les zones les plus vulnérables et participons à un réseau d’ONG impliquées dans ce projet. L’aide est non seulement matérielle, mais aussi psychologique, juridique, sociale et médicale.
Les mères reçoivent une formation ainsi qu’une aide au placement professionnel. Les enfants, quant à eux, sont suivis sur le long terme pour éviter qu’ils soient abandonnés plus tard dans des conditions pires encore.

Au Maroc, Terre des hommes est un acteur reconnu dans la problématique des mères célibataires. Avec nos deux partenaires, les actions se développent avec succès en direction de projets de prévention, loin d’une logique d’assistance à tout prix.
L’approche familiale est privilégiée, avec des prestations de conciliation voire de suivi pour réintégration familiale. Egalement, nous encourageons ou créons des réseaux de solidarité entre les femmes elles-mêmes, ou la création de crèches.


Vécu…
Sans le pouvoir de persuasion de nos assistantes sociales, les chemins de Mihaela, 23 ans, et de Loredana, sa jeune fille, ne se seraient jamais plus croisé il y a déjà 2 ans… L’aide financière qui lui a été proposée lui a permis d’acheter de la nourriture pour sa fille, et de trouver un appartement. Au surplus, Terre des hommes lui a fait suivre une formation professionnelle, et Mihaela a pu retrouver du travail. Sans ce soutien, sans famille et abandonnée par le père de Loredana, elle s’était résolue à abandonner son enfant après l’accouchement. «Aujourd’hui, j’ai appris à fixer des priorités et à me battre pour le bien de mon enfant». Un pur bonheur qui en dit long…


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