Terre des hommes (Tdh) se donne pour mission de défendre les enfants du Burundi marginalisés du fait de maladies, de lacunes administratives ou de guerres ethniques ayant déstructuré l’ensemble de la société burundaise.
Les solutions proposées par Terre des hommes
Mineurs en conflit avec la loi – Tdh soutient l’administration de la justice juvénile afin qu’elle instaure des mécanismes de protection des droits de l’enfant. Ces mécanismes légaux visent à protéger les mineurs contre les abus de privation de liberté et favorisent l’éducation et la réinsertion.
Orphelins et enfants vulnérables – Tdh apporte conseils et formations à des groupes communautaires soutenant les enfants orphelins à cause de la guerre ou du VIH/Sida. Soignés, logés, scolarisés, ces enfants sont entièrement pris en charge socialement. Tdh travaille également en amont avec le réseau d’entités politiques auxquelles sont rapportées les situations les plus graves d’enfants livrés à eux-mêmes.
Enfants en situation de rue – Avec le soutien constant de Tdh, l’association partenaire Giriyuja informe les enfants des dangers encourus dans les rues, Les travailleurs sociaux leur offrent un soutien psychologique et médical. L’association encourage aussi la réintégration familiale et scolaire des enfants vivant dans la rue.
Les résultats obtenus en 2008
Mineurs en conflit avec la loi – Une assistance judiciaire et sociale a été offerte à 142 mineurs détenus ou emprisonnés. Deux formations ont permis de perfectionner les connaissances de 165 professionnels travaillant dans le domaine de la justice juvénile (policiers, avocats, magistrats, travailleurs sociaux…).
Orphelins et enfants vulnérables – dans 7 communes d’intervention, 25 groupements communautaires ont été créés. 18 nouveaux groupements ont été identifiés en janvier 2009. Environ 20'000 enfants sont pris en charge dans les communes de Ngozi et de Gitega.
Enfants en situation de rue – 390 enfants vivant dans les rues de Bujumbura, ont obtenu un appui psychosocial ou médical. 129 enfants ont pu quitter définitivement la rue grâce à un retour en famille ou une formation et un appui matériel.
Les défis à relever
Après plus de 15 années de guerre civile, la situation est stable depuis 2008. mais, les problèmes de sécurité sont toujours d’actualité, limitant le champ d’intervention des ONG. Dans la capitale, le climat de violence est maintenu par l’enrôlement dans les rangs de partis politiques d’adultes vivant dans la rue. Guerres ou maladies ne sont pas les seuls maux des enfants. Suite à la famine de Kirundo (province au nord), 500'000 personnes auraient fui vers le Rwanda pour trouver nourriture et travail. En deux mois, 3'000 enfants sans subsides auraient ainsi abandonné l’école.
Les règlements de compte n’oublient pas les enfants.
Un passage en prison est-il nécessaire pour prendre conscience de la valeur de la vie et de la liberté?
Une prison sordide, autogérée, hiérarchisée, souvent sans eau ni nourriture. Deux enfants, accusent les rackets subis par les centaines de prisonniers adultes, les coups reçus par les autres 68 mineurs et les très rares interventions des gardiens - pas différentes de celles des prisonniers.
Egide, 15 ans, Fabrice, 14 ans, ont été accusés de viol sur une fillette de 4 ans. La mère de cette enfant l’avait retrouvée l’entrejambe déchiré. Convaincue du viol, elle a facilement pu détourner les procédures d’enquête et faire des deux garçons des criminels.
Interpellée par l’âge précoce de ces enfants, Terre des hommes a rapidement pris l’affaire en charge. Les travailleurs sociaux ont engagé des avocats avec lesquels ils ont vérifié le respect des procédures judiciaires et juridiques. Ils ont reconstitué l’histoire, réuni témoignages, preuves et expertises médicales: la fillette avait seulement une infection due à l’utilisation d’une plante comme papier hygiénique.
Après une année de prison, les garçons ont été acquittés et ont rejoint leurs familles. Quand la grand-mère de Fabrice se rappelle de ce moment, elle rit et applaudit, les larmes aux yeux. Pourtant, les enfants ont maintenant dépassé les délais pour reprendre un processus scolaire normal. Et avant l’intervention de Tdh, les deux familles avaient déjà dépensé leurs économies pour suivre l’affaire. Le travail de Tdh n’est pas donc encore fini: les enfants seront accompagnés dans leur réinsertion sociale et dans leur insertion professionnelle. «Et des enfants, il y en a plein là-bas», rappelle Egide.

