Au Royaume du Maroc, Terre des hommes focalise ses interventions dans deux domaines d’expertise: les soins spécialisés d’enfants cardiopathes dans le pays et à l’étranger, et l’aide au renforcement institutionnel d’ONG nationales dans les domaines du social et de la santé.
Soins spécialisés - Dès les débuts de notre intervention à la fin des années 60’, Terre des hommes s’est orientée vers des soins de base ou spécialisés dans un pays où une grande partie de la population n’y a que peu accès. Si possible, l’enfant est pris en charge à Rabat.
Mais l’infrastructure sanitaire souffrant de retard, Terre des hommes offre des possibilités de transferts pour des soins à l’étranger (en Suisse, en Espagne et en France). Une mesure qui, jusqu’alors, a concerné plus de 1'200 enfants souffrant de cardiopathie par exemple.
Renforcement institutionnel - Du côté des organisations nationales actives dans les domaines du social et de la santé, Terre des hommes apporte son assistance technique aux entités qui ont repris nos projets, et soutient le développement institutionnel d’autres acteurs par des aides financières ou en gestion et planification.
Cinq ans après son accession au trône, le Roi Mohammed VI vient de lancer un grand projet social poursuivant des objectifs qui permettront au Maroc de combler certaines lacunes. Notamment un programme visant à la réduction du déficit social pour les populations les plus démunies, pour un meilleur accès aux équipements et services sociaux de base; ou encore un programme d’assistance aux plus vulnérables.
Tdh hier…
Si nos activités sont aujourd’hui concentrées sur les soins spécialisés et l’aide au renforcement institutionnel des associations, de nombreuses autres activités ont été initiées au Maroc en 37 ans de présence, reprises depuis par diverses organisations nationales.
Ainsi, les projets d’aide aux mères célibataires et de prévention de l’abandon ont été repris à Casablanca et à Agadir par des associations locales. Pour les enfants en situation de rue à Casablanca, notre projet a été pérennisé en 2000 par une ONG nationale. Enfin, la relève de notre projet d’appui scolaire aux enfants de mères célibataires à Agadir est aussi assurée.
Le tremblement de terre de février 2004 à Al Hoceima a aussi mobilisé nos ressources, par l’apport d’équipements et produits de première nécessité pour un millier de familles. Tdh s’est aussi inscrite dans la logique de consolidation de la société civile en aidant ses partenaires sur les plans technique et financier, et en continuant son programme de santé.
…et demain
De nombreux signes encourageants dus à l’ouverture du régime et au renforcement de la société civile, notamment la très ambitieuse Initiative Nationale pour le Développement Humain, nous permettent de développer de nouveaux projets. Ainsi, dès le début 2006, notre appui aux associations nationales sera encore accru par une aide à la création de réseaux dans les domaines suivants: femmes et enfants en détresse; mères célibataires et prévention de l’abandon.
Vécu
Salma et Samya sont nées en même temps, le 18 décembre 1996. Jumelles, mais aussi siamoises ! Issues d’une famille très pauvre, elles ont démarré leur vie dans des conditions catastrophiques. Elles risquaient d’être abandonnées à cause de la honte qu’auraient pu ressentir leurs parents. Mais, heureusement, ceux-ci ont voulu se battre pour les protéger.
Après 16 mois d’hospitalisation à Rabat, elles ont été opérées à Madrid en avril 1998. Tout s’étant bien passé, elles se sont retrouvées pour la première fois indépendantes l’une de l’autre. Au retour au Maroc, elles ont été prises en charge sur les plans médical, social et scolaire. De nombreuses visites médicales leur ont permis de retrouver la plupart de leurs fonctions, même si des problèmes de santé persistent nécessitant une ou plusieurs interventions chirurgicales plus tard. Au niveau de la scolarité, Salma et Samya ont pu s’insérer dans le système primaire grâce à une école privée qui les a accueillies et entourées de toute l’attention nécessaire, tout en amenant leurs camarades à les considérer comme des enfants normales. Elles obtiennent chaque année de bonnes notes et ont appris, peu à peu, à se sociabiliser. Enfin, leurs parents reçoivent les moyens d’assurer leur prise en charge dans des conditions dignes et convenables.
Une belle chaîne de solidarité pour permettre à deux petites filles de vivre le plus normalement possible malgré leur terrible handicap de naissance. L’histoire d’hommes et de femmes dans des hôpitaux, des familles d’accueil, des associations, qui se sont ligués pour briser une fatalité et obtenir le sourire aujourd’hui radieux des deux sœurs.

