En Mauritanie, Tdh a développé avec succès un standard d’intervention dans le domaine de la nutrition et de collaboration avec un hôpital public qui sera adapté et généralisé à toutes les unités nutritionnelles de Tdh.
Les solutions proposées par Terre des hommes
Nutrition – Terre des hommes a créé à Nouakchott la première unité spéciale de nutrition du pays, pour traiter les enfants atteints de malnutrition chronique. Quelque 250 enfants en bas âge y sont soignés annuellement. La gestion de cette unité a été transmise à l’État qui en assure désormais la viabilité. Le projet de Tdh a ainsi atteint son objectif.
Justice juvénile – Terre des hommes apporte une assistance juridique et sociale aux enfants emprisonnés et à leurs familles : visites régulières des lieux de détentions, services de médiation entre parties, aide juridique directe, réinsertion sociale et professionnelle. En collaboration avec le Ministère de la Justice, Tdh dispense aussi des formations pour tous les intervenants dans la justice des mineurs.
Soins spécialisés – Terre des hommes prend en charge et fait soigner en Europe des enfants issus de milieux défavorisés et souffrant de maladies qui ne peuvent pas être traitées sur place comme par exemple les cardiopathies.
Les résultats obtenus en 2007
Nutrition – L’unité spéciale de nutrition a pu être intégrée à l’Hôpital de Nouakchott. Terre des hommes y a soigné 251 enfants. La qualité des traitements a été améliorée et le taux de récupération des enfants malnutris a progressé.
Justice juvénile – Les capacités du personnel des institutions clés pour la réforme de la justice juvénile ont été renforcées: 201 acteurs de la justice ont été formés et 651 enfants ont bénéficié de l’assistance sociale et juridique.
Soins spécialisés – 41 enfants ont été transférés en Suisse ou en Espagne pour des opérations de pédiatrie cardiaque ou orthopédique.
Les défis à relever
Nutrition – Plus de 20% des enfants mal nourris amenés à l’unité de soins de l’hôpital meurent encore parce qu’ils arrivent trop tard pour être sauvés. Pour Tdh, il est crucial que les capacités de l’unité soient renforcées, tant en ressources humaines qu’en compétences professionnelles. Justice juvénile – La délinquance juvénile prend des proportions inquiétantes à Nouakchott et Nouadhibou car les délits deviennent de plus en plus graves: agressions physiques, viols sur mineures, incestes, coups et blessures commis sur mineurs, bandes organisées de malfaiteurs pour vols à main armée. Pour Tdh, cela signifie que les assistants sociaux, les magistrats et les policiers doivent recevoir les structures et les moyens adéquats pour apporter les meilleures réponses à la prise en charge tant des mineurs délinquants que des victimes.
Un exemple pour les jeunes en conflit avec la loi
Bocar, 17 ans
Bocar Thiam est orphelin de père. Sa mère, ménagère, essaie tant bien que mal de subvenir aux besoins de ses cinq enfants. Toute la famille vit dans deux baraques délabrées sans eau ni électricité. Bocar a suivi l’école primaire du quartier d’Arafat à Nouakchott jusqu’à l’âge de 12 ans. Il fuguait souvent et vivait pendant des mois au sein d’une bande qui le considérait comme «apprenti et homme à tout faire». En 2003, au cours d’une bagarre de quartier, il est arrêté par la police et déféré au parquet. Il se retrouve en prison alors qu’il n’a que 13 ans.
Sa famille demande de l’aide à l’équipe juridique de Terre des hommes, dont l’avocat obtient finalement que l’affaire soit classée sans suite. Après discussion avec Bocar et sa famille, l’éducateur chargé du suivi social parvient à placer l’enfant en apprentissage auprès d’un artisan local. Au bout d’un an, Bocar est inscrit au Centre de Formation et d’Insertion Professionnelle en section Soudure. Trois ans plus tard, il en sort premier de sa promotion. Avec l’appui financier de Terre des hommes, il décide alors de monter son propre atelier dans la Kebba d’El-Mina, le plus grand bidonville de Nouakchott. À 17 ans, il est autonome et subvient aux besoins de sa famille grâce aux recettes de sa petite entreprise. Depuis peu, il emploie même deux jeunes apprentis soudeurs. Bocar accompagne l’éducateur pour aider au placement d’autres jeunes en conflit avec la loi auprès d’artisans locaux. Sa motivation et sa réussite en font désormais un exemple pour les jeunes ayant connu des difficultés similaires.

