Les conditions de vie de la population dans les territoires palestiniens se détériorant continuellement, Terre des hommes (Tdh) met en œuvre des projets de soutien psychosocial et de lutte contre la malnutrition.
Santé et nutrition - Notre programme, mis en œuvre en partenariat avec une organisation locale, se concentre sur la santé nutritionnelle des moins de 5 ans et sur celle des femmes enceintes.
La promotion de l’allaitement est effectuée lors de consultations ou de discussions au sein de la communauté, car plus de la moitié des nouveau-nés deviennent malnutris durant leurs 6 premiers mois de par l’introduction précoce de lait en poudre - trop dilué - et du manque d’hygiène dans la préparation.
Nos travailleuses sociales se rendent à domicile pour peser, mesurer et examiner les enfants dont les mères ne se sont pas présentées pour un suivi.
Soutien psychosocial - Les enfants sont régulièrement confrontés à des événements traumatisants tels que la violence familiale, la présence de forces armées ou le désœuvrement de leurs pères. Pour les soulager ou tenter de les guérir de leur insomnie, anxiété, incontinence nocturne, hyperactivité, agressivité, dépression - les symptômes ne manquent pas et sont souvent multiples - Tdh propose des conseils, des thérapies, ou des activités récréatives dans les écoles d’Hébron et de Jénine. Des formations sont enfin proposées aux instituteurs pour pouvoir détecter ou faire face à la violence et aux abus sexuels.
Urgence Gaza - Tdh prépare un envoi en urgence de matériel spécifiquement destiné aux enfants comme des habits chauds, des couches, des jeux etc. et des produits d’hygiène. Tdh enverra ses équipes pour soutenir son partenaire Ard El Insan et l’aider à apporter le plus rapidement possible une réponse au traumatisme vécu par les enfants et par leurs familles. Flyer urgence en pdf
Tdh hier…
Dès 1973, l’objectif premier de Tdh a été de réduire les souffrances des plus démunis, par un traitement de la malnutrition infantile et la distribution de nourriture. Deux centres situés à Gaza et Bethléem offraient ces services aux communautés. En 1994, Tdh a déplacé son centre de Bethléem plus au sud, à Hébron, pour se rapprocher des populations les plus nécessiteuses. Décision stratégique de remettre les projets à des organisations locales à Gaza comme en Cisjordanie est prise en 1996. Après plusieurs années de soutien, deux ONG voient le jour: Ard el Insan (Terre des hommes en arabe) à Gaza et Ard el Atfal (Terre des enfants) à Hébron.
En 2002, un programme similaire de santé et nutrition démarre d’urgence à Jénine, au Nord de la Cisjordanie. En 2003, Terre des hommes débute une intervention de soutien psychosocial à Jénine et Hébron. Après une première phase pilote de 3 ans, ce projet de protection a été reconduit au vu de sa nécessité et du manque de structures en Cisjordanie.
…et demain
Chaque jour qui passe nous montre un avenir sombre pour les enfants naissant dans les territoires palestiniens. Les écoles manquent, les instituteurs ne sont pas payés et trop souvent les enfants fréquentent les cours soit le matin, soit l’après-midi afin de permettre à tous de s’y rendre. Les traumatismes psychologiques dont ils souffrent depuis de nombreuses années sont exacerbés par des violences récurrentes. Les soutenir est indispensable, car une génération dont on a volé l’enfance continue à grandir.
Vécu
Zaher, 10 ans, ne tient pas en place, frappe sans cesse son entourage, insulte ses frères, ses camarades de classe et même son instituteur… A la maison, il refuse la nourriture que sa mère prépare, impose son programme de télévision, même les scènes violentes qui rythment le télé journal ou des émissions à caractère érotique!
A l’école, il refuse de participer aux activités, d’apprendre à lire et à écrire et perturbe le déroulement des cours. N’arrivant pas à discipliner cet élève, l’instituteur a alors demandé conseil aux collaborateurs psychosociaux de Terre des hommes. Deux fois par mois, une travailleuse sociale et un volontaire se rendent dans cette école pour proposer des activités ludiques et thérapeutiques et repérer les enfants qui nécessitent un encadrement particulier ou un suivi individuel.
Depuis, notre assistante sociale voit régulièrement Zaher au centre de Tdh à Hébron ou à son domicile. La mère ne sait plus comment faire face à Zaher, ses quatre autres fils âgés de 2 à 15 ans, et surtout un mari violent… Pour l’aider, une liste de ce que Zaher peut et n’a pas le droit de faire a été établie et affichée à la maison. Chaque semaine le bilan de ce qu’il a respecté ou pas est discuté avec l’assistante sociale. Des progrès se font lentement, et sa mère apprend à l’encourager car il n’y a pas d’autre moyen pour soigner un enfant perturbé par la violence qui l’entoure au quotidien.

