Depuis 2004, Terre des hommes (Tdh), mandatée par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, intervient directement dans les camps du Darfour pour protéger les victimes du conflit.
Les solutions proposées par Terre des hommes
Psychosocial - Tdh promeut un système de protection de l’enfance par une approche psychosociale mise en œuvre dans des centres récréatifs. Des centaines d’enfants bénéficient ainsi d’un soutien, peuvent suivre une éducation et participer à des activités ludiques. Ces centres sont animés par des éducateurs locaux, formés par Tdh.
Coordination des camps - Tdh est responsable de la coordination des services; de la circulation des informations relatives aux besoins; et des solutions adaptées dans les camps. La Fondation organise des comités réunissant aussi bien différentes ONG sur place que des chefs communautaires ou même des mères de famille. Tdh donne des formations aux structures sociales gouvernementales déployées dans les camps. Enfin, Tdh diffuse des campagnes de sensibilisation et d’information sur les camps, les droits de l’enfant, l’hygiène, la prévention des incendies et la contamination de l’eau.
Construction et maintenance d’abris - Tdh fournit aux réfugiés les plus vulnérables, nouveaux arrivés et grandes victimes, le matériel et le soutien nécessaires à la construction et la reconstruction d’abris. Tdh promeut la participation communautaire et encourage ainsi les réfugiés à bâtir leurs abris par leurs propres moyens et ceux trouvés dans les camps.
Les résultats obtenus en 2008
Psychosocial – Tdh gère et anime 15 centres pour enfants dans 2 camps et 6 centres pour adolescents dans 3 camps. 3'710 enfants ont participé aux activités psychosociales de Tdh. 840 enfants en situation d’extrême vulnérabilité ont été suivis individuellement par les travailleurs sociaux de Tdh. Plus de 120 personnes – animateurs, enseignants, travailleurs sociaux – ont été formées.
Coordination des camps – 100% des réfugiés, soit 57'000 personnes, ont accès aux services de coordination. Les campagnes de sensibilisation à la santé et sécurité ont bénéficié à 1'000 déplacés.
Construction et Maintenance d’abris – Tdh a contribué, avec l’aide des communautés, à la construction de 2'015 abris, bénéficiant à plus de 12'000 déplacés internes.
Les défis à relever
Les conditions de sécurité au Darfour sont si instables que les ONG peinent à mettre en œuvre leurs projets. Certains secteurs ne sont pas libres d’accès et les organisations humanitaires constituent la cible privilégiée de vols et attaques continuels. Leur sécurité et celle de la population reste très précaire. Cependant, au vu des bons résultats atteints grâce au soutien de Tdh et du nombre conséquent d’enfants à protéger, la Fondation souhaite élargir son domaine d’intervention à un 4ème camp. 23 centres pour enfants et 8 centres pour adolescents devraient voir le jour en 2009.
HISTOIRE - Paille et bambou contre la pluie
Disposer d’un espace protégé fait partie des besoins humains fondamentaux. Malgré le soutien de la communauté internationale et de nombreuses ONG, la situation des déplacés reste difficile, notamment en terme de d’habitation.
En collaboration avec différentes communautés de réfugiés, Tdh a lancé en 2008 le projet «Kournouk» dans les camps aux alentours de la ville de Geneina, près de la frontière avec le Tchad. Le mot «Kournouk» décrit une habitation traditionnelle de la région : une cabane faite d’une structure en bambou et couverte de nattes de paille. Ces cabanes offrent un abri contre le soleil et le sable, et sont un espace privé, un «chez soi» protégé, pour les grandes familles de réfugiés.
La construction de ces cabanes est faite par les gens des camps eux-mêmes. Tdh ne met à disposition que le matériel et la formation nécessaires aux groupes d’ouvriers. Ceux-ci reçoivent un revenu pour ce travail, et peuvent ainsi assurer leur survie et celle de leur famille. Ils regagnent confiance en eux et acquièrent des compétences qui leur permettent ensuite de trouver du travail au marché.
Tdh mise beaucoup sur la participation communautaire : famille, voisins et amis viennent en aide aux ouvriers. Les communautés participent aussi à la sélection de ces ouvriers et des familles qui bénéficieront des abris. Les bénéficiaires sont les familles les plus vulnérables des camps dont la communauté n’arrive pas à couvrir les besoins fondamentaux. Il s'agit en majorité de mères de familles monoparentales, de personnes âgées, malades, ou tout en bas de la hiérarchie sociale des camps. Les communautés, et Tdh, ont ainsi permis à 2'000 familles d’être dignement logées.

