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10.06.2016 - Actualité

Nouvelle étude sur le travail des enfants dans la crise syrienne

A l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, Terre des hommes publie une nouvelle étude sur le travail des enfants victimes de la guerre en Syrie.

Le travail des enfants augmente toujours plus en Syrie et dans les pays voisins. Le phénomène a atteint une ampleur alarmante. En Jordanie, 84% des employeurs interrogés par le Bureau international du travail (BIT) indiquent avoir engagé des enfants au cours des deux dernières années. Vivant dans une pauvreté extrême, les familles de réfugiés syriens n’ont d’autre choix que d’envoyer leurs enfants travailler pour subvenir à leurs besoins.

Le conflit persistant, les réfugiés ont déjà vendu leurs objets de valeur et vu fondre leurs économies. Ils n’ont souvent pas le droit de travailler et toute infraction constatée est sévèrement sanctionnée. Les organisations d’entraide ont réduit leur aide alimentaire faute de soutien financier suffisant de la part de la communauté internationale. Dans ce contexte précaire, les enfants, même très jeunes, deviennent le principal soutien de leur famille.

« Nous travaillons pour couvrir les besoins de notre famille, pour payer le loyer et aider nos parents. Les loyers sont beaucoup trop élevés et nous avons besoin aussi de nourriture et de vêtements », explique un groupe de jeunes filles établies en Jordanie. « Mon père est mort en Syrie et mon frère de 15 ans, en tant qu’aîné de la famille, a été contraint de s’occuper de la famille », raconte pour sa part un jeune Syrien, interrogé en Serbie.

La plupart ont déserté les classes depuis longue date. Ce qui est gravissime, car la scolarisation constitue un « élément décisif » pour combattre le travail des enfants, souligne l’étude. « La communauté internationale se doit d’agir sans plus attendre: c'est sa responsabilité de redonner à ces enfants une perspective qui leur permette de surmonter la souffrance et la misère qu'ils ont vécues. Les enfants ne doivent pas payer le prix de la folie des adultes: ils doivent pouvoir vivre leur vie d’enfant, être protégés, aller à l’école », clame Vito Angelillo, directeur général de Terre des hommes.

L’étude, intitulée « Car nous luttons pour survivre », a été réalisée de mi-2014 à avril 2016, par Terre des hommes Allemagne en collaboration avec Terre des hommes Lausanne, Terre des hommes Italie et Terre des hommes Pays-Bas, ainsi que leurs partenaires sur place.

Voir notre dossier exclusif sur les enfants réfugiés contraints à travailler

Lire le résumé de l’étude « Car nous luttons pour survivre »

 

Crédit photo: © Tdh / Ollivier Girard