COVID-19
La pandémie menace les familles vulnérables.
24.06.2014 - Actualité

‘’Mon histoire n’est pas simplement la mienne. Elle concerne des milliers d’autres vies.’’

En 2012, poussé par le désir de pouvoir être celui qu’il est et suivre ses ambitions, Farah décide de quitter Nairobi et entame un long périple en traversant le Ouganda, le Soudan, le désert du Sahara, la Lybie, jusqu’à Malte où il obtient finalement son statut de réfugié.

Au Kenya il a laissé sa famille. Sa mère, avec qui il est très proche, est constamment dans ses pensées. Mais Farah aspire à pouvoir vivre pleinement, être ce qu’il est réellement sans devoir cacher son orientation sexuelle. C’est pourquoi il est allé chercher, ailleurs, une place qui lui permette de vivre ses rêves.

Migrant, mais pas seulement…

De son parcours sinueux, il lui a fallu une année avant de se sentir prêt à donner sa voix, raconter son histoire pour que les enfants en situation de mobilité puissent être davantage protégés. Après avoir couché ses maux sur papier dans un journal personnel, il tient maintenant un blog et son récit de vie est sur le point d’être publié.

«Je suis migrant, je suis noir, je suis gay. Mais avant tout je suis un être humain.» Farah déplore le fait que les enfants migrants soient vu uniquement comme des migrants. Derrière chaque identité se cachent de multiples facettes que Farah revendique. Il cherche ainsi à montrer la richesse de la migration.

Améliorer les conditions des enfants migrants

De Farah, on retient ce sourire qui vient illuminer son air grave qu’il a arboré lorsqu’il a déclaré «Je ne suis pas une victime mais un survivant.» Convaincu d’être né pour changer les choses, l’éducation est un point essentiel pour Farah. La maîtrise de l’anglais lui a par ailleurs permis, et lui permet encore, de faire valoir ses droits et de s’ériger en porte-parole pour ceux qui ne le peuvent pas.

Les collaborateurs de Tdh, interpellés et visiblement touchés par l’histoire du jeune homme, n’ont pas manqué de poser des questions sur la manière dont les ONG peuvent contribuer à la protection de ces centaines d’enfants migrants le succédant chaque jour. Il semble difficile d’intervenir dans les pays de transit, mais «renforcer les structures d’accueil par de meilleurs représentants des enfants dans les pays de destination pourrait améliorer la situation.»

Ecouter davantage les enfants

Ignacio Packer, Secrétaire général de la Fédération Internationale Terre des Hommes, est convaincu que l’on «apprend beaucoup plus en écoutant les enfants parler de leurs parcours et de leurs besoins.» Il a récemment couru 400 km de Milan à Genève, en seulement 82 heures, afin de prouver que cette course qualifiée d’impossible ne l’était pas, pas plus que stopper la détention des enfants migrants.

A l’occasion d’un side-event lors de la 26ème session du Conseil des Droits de l’Homme à Genève, Abdi Farah Abdullahi a témoigné de son expérience comme enfant détenu en raison de son statut de migrant. Ensemble avec Terre des hommes, il demande que stoppe immédiatement la détention des enfants migrants. Farah a exprimé son souhait d’une plus grande écoute de ces enfants.

Terre des hommes provoque un changement positif dans la vie quotidienne de plus de deux millions d’enfants et de proches chaque année. Apprenez-en plus sur le projet Mobilité.