26.01.2017 - Actualité

Balkans: Pourquoi les réfugiés continuent-ils leur route malgré le froid?

Plus de 7’000 réfugiés sont bloqués en Serbie. Malgré les températures glaciales, nombre d’entre eux ne souhaitent pas rejoindre les camps mis en place par le gouvernement, trop loin des frontières qu’ils cherchent à traverser. Terre des hommes apporte une aide d’urgence aux enfants et aux mères pour lutter contre le froid.

Les routes migratoires sont  longues, glaciales et périlleuses. Pourtant, environ 150 personnes – dont 30 à 40% d’enfants, arrivent en Serbie chaque jour. Ils viennent principalement de Bulgarie ou de Macédoine en ayant emprunté la route « fermée » des Balkans. Les réfugiés et migrants se retrouvent aujourd’hui bloqués à Belgrade, en raison de la fermeture des frontières, du durcissement des politiques européennes et de l’attitude hostile de certains pays d’Europe dont la Hongrie et la Croatie (voir carte ci-dessous).

Les conditions de vie dans lesquelles les réfugiés affrontent l’hiver glacial à Belgrade sont effrayantes. Certains d’entre eux dorment dans des entrepôts et des baraquements abandonnés, alors que les températures chutent en-dessous de zéro la nuit. Alors pourquoi ne vont-ils pas  dans les centres d’accueil officiels ?

Le plus souvent, les réfugiés et migrants craignent d’être détenus ou refoulés  en Macédoine ou en Bulgarie – où la violence physique à l’encontre des réfugiés a été rapportée. Le refoulement d’un pays à l’autre va à l’encontre du droit d’asile et du droit international. De plus, les centres officiels sont éloignés des centres urbains et de tous services. Ils sont aussi loin des frontières par lesquelles les réfugiés espèrent poursuivre leur route. D’autre part, beaucoup d’entre eux se voient refusés l’accès aux centres s’ils ne sont pas officiellement enregistrés. Et enfin, il n’y a pas toujours assez de place pour les accueillir.

Alors que les familles avec enfants n’avaient pas imaginé la route si difficile, elles ont toutes un objectif commun : fuir la peur des bombes et la persécution. «Les personnes fuyant les conflits ne s’arrêtent pas à cause du froid, c’est juste qu’il est plus difficile de rejoindre les pays de l’Union Européenne», rappelle Camille Tournebize depuis notre bureau régional en Hongrie.

Nous aidons les enfants et les mères les plus vulnérables, restés hors des camps, grâce à notre Coin Mère-Enfant à Mikaliste, un centre d’aide aux réfugiés dans la ville de Belgrade. Nous appelons également le gouvernement à lever son interdiction de distribuer des biens de première nécessité à l’extérieur des centres officiels, et à traiter avec humanité les réfugiés et migrants sur la route des Balkans. «Les réfugiés ne vont pas s’arrêter juste parce que cela devient plus difficile. Les répressions, les refoulements aux frontières et le durcissement des pratiques envers les réfugiés, voilà ce qui doit changer», conclut Camille Tournebize.

Aidez-nous à soutenir les réfugiés.

Crédit photo: ©Tdh