Urgence Afghanistan
Les enfants en Afghanistan ont besoin de votre aide.  
10.06.2021 - Actualité

Comprendre le travail des enfants en les écoutant

Dans le monde, on estime que 79 millions d’enfants exercent un travail dangereux. Mais ces chiffres n’apparaissent pas dans les statistiques officielles des pays concernés. Le travail des enfants est souvent illégal et caché. Dans plusieurs pays d’Asie, Tdh tente de faire la lumière sur ce phénomène en écoutant ce que les enfants ont à dire.

Farida* a 11 ans. Elle travaille dans une usine de traitement du cuir à Dhaka, la capitale du Bangladesh. Tous les jours, elle porte les peaux sur son dos jusqu’au cinquième étage et les fait sécher au soleil. Onze heures par jour pour moins de 90 CHF par mois. Une situation qui met en danger sa santé.

Au Bangladesh, au Myanmar et au Népal, Terre des hommes, en collaboration avec d’autres partenaires du consortium CLARISSA, veut rendre visibles et lutter contre les pires formes de travail des enfants. Nous collaborons avec des organisations locales, les communautés et les familles pour comprendre le fonctionnement des secteurs qui ont recours à ce travail dangereux. L’objectif est aussi d’identifier les raisons qui poussent les enfants à risquer leur santé en échange d’un revenu. Pour cela, nous écoutons les enfants raconter leurs histoires de vie.

En écoutant Farida, on apprend qu’elle vit dans un des nombreux bidonvilles de Dhaka. Originaire du Kurigram, une région au nord du Bangladesh, sa famille a dû migrer vers la ville pour échapper aux inondations qui ravageaient la région. Un jour, son père est tombé malade. C’est pour permettre à sa famille de survivre que Farida a commencé à travailler dans l’industrie du cuir.

«Les enfants choisissent eux-mêmes de nous raconter leur histoire. Ils sont généralement reconnaissants de pouvoir s’exprimer sans que personne ne les juge. Cela leur donne confiance en eux. Souvent, cela fait aussi remonter des émotions, raison pour laquelle nous leur offrons également un soutien psychologique si nécessaire», explique Sudarshan Neupane, coordinateur régional du programme. «Nous formons ensuite les enfants pour qu’ils puissent eux-mêmes récolter et analyser d’autres témoignages.»

Des groupes d’enfants analysent ces histoires pour identifier les causes principales qui poussent les enfants à travailler, et pour repérer les tendances. Les jeunes participant·e·s proposent aussi des solutions à ces difficultés. Les résultats de ces réflexions sont ensuite utilisés pour formuler des demandes et des recommandations aux gouvernements, mais aussi aux employeurs. L’objectif est d’améliorer la situation des familles les plus défavorisées et ainsi diminuer le nombre d’enfants contraint·e·s de travailler dans des conditions dangereuses et d’exploitation.

«C’est une nouvelle façon de travailler, dans laquelle on combine la recherche, l’action, et la participation des enfants», poursuit Sudarshan Neupane. «Les solutions sont développées par les enfants eux-mêmes et ne leur sont pas imposées. Elles sont donc différentes et adaptées à chaque contexte.»

 

*Le prénom a été changé pour le respect de la vie privée.

Crédits photos: © Tdh/Didier Martenet