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27.08.2019 - Actualité

Deux ans après: les mères rohingyas n’ont toujours pas accès aux soins

En 2017, des centaines de milliers de familles rohingyas ont été forcées de quitter le Myanmar en raison des meurtres dont elles ont été la cible et des incendies intentionnels de leurs villages. Deux ans se sont écoulés depuis leur fuite au Bangladesh. Selon les derniers rapports, près d'un million de rohingyas sont toujours réfugiés dans la région de Cox's Bazar, principalement dans des abris informels. Aujourd’hui, les enfants et leurs mères vivent dans des camps de fortune, où l’accès aux soins est difficile. Les menaces épidémiques y sont récurrentes, renforcées par les moussons.

Azara*, 27 ans, est assise les jambes croisées sur un banc et tient son fils de 6 jours sur ses genoux. Ses sandales usées sont sur le sol. Le bébé n'a pas encore de nom. Elle vit avec son mari et ses cinq enfants dans un abri d'une pièce en bambou sans fenêtre. Il fait humide et chaud : rien n'arrête le soleil, à part un plastique foncé. Il n'y a pas d'électricité pour faire fonctionner un ventilateur. Le sol en terre se transforme en boue lorsqu'il pleut, ils doivent donc accrocher tous leurs biens aux murs. Ils n'ont pas de revenus, car le mari d’Azara ne peut pas travailler dans le camp.

Dans ce contexte difficile, Terre des hommes (Tdh) forme des bénévoles de la communauté locale à passer rendre visite aux familles dans leurs abris. Leur mission consiste à établir une relation de confiance avec les réfugiés afin d’améliorer leur état de santé. «La communauté est souvent réticente à se faire soigner parce qu'elle se méfie des gens qu'elle ne connaît pas», explique Senu Ara, notre bénévole communautaire. 65% des accouchements ont lieu dans les abris avec l'aide d'accoucheuses traditionnelles qui n'ont ni les compétences ni les connaissances nécessaires pour résoudre d’éventuelles complications. Cela maintient les taux de mortalité maternelle et infantile à un niveau élevé dans la région. Les bénévoles jouent un rôle essentiel dans la promotion de pratiques saines et dans la prévention des maladies. Ils dispensent des traitements préventifs, informent les femmes enceintes des risques encourus et encouragent les visites au centre de santé. «Tdh est en train de se forger une réputation de soutien et d'attention aux patients», ajoute Senu.

Un jour, Senu a rendu visite à Azara. Lorsqu’elle a appris qu'Azara était enceinte, elle lui a dispensé des soins prénataux. Elle a aussi vérifié l’état de santé de ses autres enfants et lui a expliqué l'importance d'aller voir une sage-femme. Azara nous regarde avec un sourire: «Si Senu n'était pas venue chez moi, je n’aurais jamais connu l’existence de ce service, car on ne sort pas souvent.»

La pluie battante inonde certaines parties du camp. La boue arrive parfois jusqu'aux genoux, rendant l'accès aux centres de santé difficile. Pour Sharnima Khatan, notre sage-femme, une autre raison explique aussi la difficulté pour les femmes de s’y rendre. «Cela peut aussi être dû au fait que leurs maris l'interdisent. C'est très difficile de convaincre les pères que le bébé et la mère sont en danger.» Azara a fait confiance à la bénévole de la communauté et a reçu des soins prénataux au centre de santé. Caressant avec amour le visage de son bébé, elle dit: «Tout ce que je veux dans ma vie, c'est que mes enfants soient en sécurité, en bonne santé et heureux. Mais si nous ne pouvons pas retourner au Myanmar, je ne vois pas d'avenir.»

Début août, plus de 500'000 réfugiés rohingyas ont reçu une carte d'identité qui leur donne le droit de rentrer au Myanmar, même si c'est encore risqué. Dans une déclaration commune avec 60 autres ONG travaillant dans les deux pays, nous avons demandé que les droits soient reconnus pour tous dans l'Etat de Rakhine et que les réfugiés rohingyas aient un rôle à jouer dans les décisions concernant leur vie, notamment les conditions de leur retour au Myanmar.

Pour l'instant, Azara est reconnaissante que son bébé et ses enfants soient en bonne santé grâce au médicaments reçus et aux visites du médecin. Elle a également appris l'importance de l'allaitement maternel et des pratiques d'hygiène, comme se laver les mains et purifier l'eau. Elle ajoute: «J'essaie d'être heureuse et cela facilite la vie de mes enfants, même si la vie est difficile dans le camp.»

On estime que plus d'un million de personnes ont besoin d'aide humanitaire à Cox’s Bazar. Tdh s'engage à apporter son soutien aux réfugiés et aux communautés d'accueil. Notre objectif est d’assurer leur protection, leur santé et leur dignité durablement.

Regardez notre vidéo sur la crise des Rohingyas

*Prénom d’emprunt, choisi pour des raisons de protection

Crédits photos: ©Tdh