14.06.2017 - Actualité

La justice restauratrice : une vraie chance de s’en sortir

Aujourd’hui, plus d’un million d’enfants dans le monde sont en détention au lieu d’être à l’école. Ils sont parfois lourdement condamnés, alors qu’ils n’ont le plus souvent commis que de petites infractions. Terre des hommes lutte pour que ces enfants au Burkina Faso puissent endosser la responsabilité de leurs actes, mais sans pour autant passer par la case prison.

Kasim* a douze ans lorsqu’il est conduit au commissariat de police de Sin Nonghin (Burkina Faso) pour vol de deux vélos. Les causes de l’infraction sont essentiellement liées au contexte dans lequel il a grandi. La situation de Kasim n’est pas une exception: A la mort de ses parents, il avait été recueilli par sa tante. Il passait ses journées dans la rue avec d’autres enfants du quartier, car elle n’avait pas les moyens de l’envoyer à l’école.

A l’arrestation de Kasim, comme à chaque fois qu’il s’agit d’un enfant, le commissariat informe immédiatement Terre des hommes. Nos experts se battent en première ligne pour que les droits des enfants soient respectés et que l’enfant reçoive une vraie chance de se réconcilier avec sa communauté. La prison doit impérativement rester le dernier recours, car c’est une véritable école du crime. C’est pour cette raison que le substitut du procureur nous confie Kasim au lieu de le mettre en prison. Notre travailleur social met tout d’abord sur pied une entrevue de réconciliation: les vélos sont rendus à leur propriétaire et Kasim doit présenter ses excuses à la victime et au comité de quartier. Nous lui obtenons une place dans un centre d’éducation et de formation professionnelle, où il peut enfin aller en classe, puis suivre un apprentissage.

«Lors de mes visites sur le terrain, je suis toujours impressionné par la volonté de ces jeunes de reprendre leur vie en main. Dans nos projets de réintégration, le taux de récidive est spectaculairement plus bas, car les jeunes que nous accompagnons ont compris leurs actes, les ont assumés et en ont réparé les conséquences. Ils sont très conscients de s’être vu offrir une deuxième chance et, croyez-moi, ils ne sont pas prêts de la gâcher», explique Vito Angelillo, directeur général de Terre des hommes.

Après deux ans de formation, nous avons organisé le retour de Kasim dans la famille de sa grand-mère. Kasim a suivi des cours du soir et a finalement réussi à ouvrir sa petite entreprise de lavage de motos à seize ans!

 

Qu’est-ce que la Justice Juvénile Restauratrice? Lauriane Sallin et Gérard Demierre nous en parlent.

Crédit photo: © Ollivier Girard