29.08.2017 - Actualité

Des traducteurs pour garantir aux enfants un procès équitable

Un enfant suspecté ou accusé d’avoir commis un crime doit être en mesure de connaître ses droits afin de bénéficier d’un procès juste et équitable. Les enfants sont particulièrement vulnérables lorsqu’ils ne comprennent ni la langue, ni le système judiciaire du pays dans lequel ils se trouvent. Selon une étude menée par Terre des hommes (Tdh), un élément est déterminant pour les enfants dans cette situation: une traduction de qualité.

«C’était il y a deux ans. A ce moment-là, je ne parlais pas hongrois. Je n’avais pas d’interprète, seulement un avocat attribué», raconte un adolescent de 15 ans en Hongrie. Comment connaître ses droits quand on ne parle pas la langue du pays? La barrière linguistique peut s’avérer un obstacle considérable pour les enfants aux prises avec la justice. Une recherche menée avec d’autres organisations dans cinq pays européens montre que les droits procéduraux des enfants étrangers sont respectés d’un point de vue formel, mais que de sérieux défis restent à relever dans leur exécution.

Notre projet régional «PRO-JUS» a traité de cette question et contribué à améliorer les moyens d’aider les enfants étrangers en situation de conflit. Plus de 40 enfants ont participé au projet, en partageant leurs expériences et opinions sur une situation les concernant directement. Ils nous ont permis de comprendre comment garantir aux enfants étrangers un traitement judiciaire adapté à leur âge, leur culture et leur sensibilité lors des procès.

«Lorsque l’interprète arrive, tout s’arrange»

Le rôle des interprètes pour les enfants et les adolescents est crucial. Comme en témoigne un adolescent de 15 ans qui a fait l’objet de poursuites pénales: «Quand je suis seul, ils posent des questions mais je ne sais pas quoi dire, ou comment l’expliquer. Lorsque l’interprète arrive, vous savez, tout s’arrange». C’est pourquoi nous recommandons aux pays européens de renforcer leur réseau national d’interprètes afin de garantir des procédures professionnelles et éthiques d’interprétation*.

De plus, il est important que les avocats et autres professionnels de la justice aient des compétences spécifiques leur permettant de travailler avec les enfants, en particulier s’il y a des différences culturelles. Nous avons développé un manuel à destination des juristes, basé sur les résultats de ces recherches. Tdh a aussi sensibilisé et entrainé près de 300 professionnels de la justice et de l’ordre public de 15 pays membres de l’UE sur les droits des enfants étrangers impliqués dans des procédures judiciaires.

Notre travail a contribué à garantir aux enfants étrangers impliqués dans des procédures judiciaires l’accès à une représentation légale, à la traduction et à l’interprétation ainsi qu’à toute information relative à leurs droits procéduraux en cas de conflit avec la loi.

*Des informations détaillées sont disponibles dans l’édition 2017 de la Chronicle of the International Association of Youth and Family Judges and Magistrates (pages 50-53).

© Tdh/François Struzik