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11.11.2010 - Actualité

Terre des hommes et la Convention relative aux droits de l'enfant

La Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), promulguée le 20 novembre 1989 par l’Organisation des Nations Unies, a été ratifiée par 190 Etats sur les 192 que compte notre monde. Selon Bernard Boëton, responsable des droits de l’enfant à Terre des hommes – aide à l’enfance (Tdh), “pour Tdh comme pour la plupart des associations et des fondations qui s’occupent des enfants, cette Convention est le fondement même de notre action” (interview à la fin de cet article).

En effet, depuis 1960, Tdh œuvre pour le droit des enfants à être protégés contre l’exploitation, les abus, le trafic et la violence. Les enfants sans protection parentale, particulièrement les enfants en situations de rue ou les orphelins du sida, sont souvent exposés à ces dangers. A travers une réintégration familiale, scolaire et professionnelle, Tdh leur offre de nouvelles perspectives d’avenir. Anselmo De Lima, délégué de Tdh au Brésil explique: “Le modèle d’intervention de Tdh est basé à partir de l’enfant acteur. Notre but est que l’enfant retourne dans sa famille, dans sa communauté et à l’école, de son plein gré. Pour cela, on travaille en réseau, avec de nombreuses institutions et l’Etat lui-même qui pourront chacun proposer une solution adaptée pour chaque enfant. Parce que, par exemple, ça ne sert à rien de simplement envoyer un enfant des rues à l’école : il faut que les enseignants sachent quoi faire avec cet enfant qui a des besoins spéciaux. Dans ce cas, nous donnons des formations pédagogiques dans les écoles”.

Tdh apporte également une aide psychologique et sociale aux enfants les plus vulnérables, notamment lors de conflits et de catastrophes naturelles. Depuis le terrible séisme qui a frappé Haïti au début de cette année, Tdh y a par exemple installé des centres d’accueil récréatifs où les enfants évacuent leurs peurs, créent des liens grâce aux jeux et évènements. Mais ces centres permettent surtout d’entrer en contact avec ces enfants, souvent séparés de leur famille ou vivant des situations très difficiles, et de veiller ainsi à leur protection. Sylvain Fournier, coordinateur psychosocial pour Tdh en Haïti explique : “On rencontre des enfants qui vivent des situations de négligence, de manque d’attention, de soins, d’hygiène. L’approche psychosociale, mise en œuvre dans ces camps, permet de leur apporter une protection face à toutes ces situations, pour leur vie actuelle et pour leur avenir. Cette approche nous permet aussi de faire comprendre aux communautés et aux parents l’importance de toute l’attention qu’ils doivent apporter à leurs enfants”. En effet, Tdh soutient les familles et les communautés dans leur rôle protecteur et éducatif et les intègre complètement à tous les projets.

Dans le cadre de ses programmes de justice des mineurs, Tdh fournit un soutien juridique et social aux enfants en conflit avec la loi et œuvre pour que les systèmes judiciaires n’envisagent la détention d’enfants qu’en ultime recours. En Amérique Latine particulièrement, Tdh est pionnière dans l’application de mesures socio-éducatives – d’alternatives à la détention – pour les mineurs délinquants. Après avoir organisé son congrès mondial de justice juvénile restaurative au Pérou en 2009, les délégations de Tdh ont acquis toute la crédibilité nécessaire, autant de la part des autres organisations internationales que des gouvernements, pour étendre ce modèle de justice et aider des milliers de jeunes, des petits conflits à l’école jusqu’aux vrais délits, à avoir une chance de suivre le droit chemin.

Enfin, Tdh possède un dispositif qui permet de prévenir tout abus sur les enfants au sein même de chaque projet, et de prendre les mesures légales nécessaires si cela devait néanmoins se produire. Depuis 2000, la Fondation a en effet introduit un Code de Conduite puis une Politique, plus large, de protection de l’enfance (Politique de protection de l’enfance). Car dans une telle organisation, la protection de l’enfance passe par la création d’un environnement sécurisé au sein de l’organisation et doit tenir compte de la compréhension locale de la notion de violence sur les enfants, de la culture, de la religion, du droit local, de la tradition et des accords de partenariats.

Aujourd’hui encore, selon Bernard Boëton, “il reste beaucoup à faire. Dans la plupart des pays du monde, les droits élémentaires sont loin d’être couverts, et il y a un énorme travail à faire. Mais au moins, avec la Convention, on a un instrument international, un langage international qui permet de développer la coopération entre les pays, entre les peuples”.

Visualisez l’interview de Bernard Boëton:

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