03.02.2012 - Actualité

Togo: Les enfants du Grand Marché de Lomé

Au Togo, comme dans de nombreux pays, des centaines d’enfants des villages migrent vers les grandes villes pour trouver un peu de fortune et de confort. Ils se retrouvent cependant souvent en situation de vulnérabilité face à la précarité, à l’absence de soins, de nourriture, de toit, de loisirs, d’éducation et sont exposés à toutes les formes de violences. Selon une enquête réalisée par Terre des hommes, 75% des enfants présents dans le Grand Marché de Lomé travaillent à temps complet comme vendeurs ambulants, exploités plusieurs heures par jour pour de maigres récompenses.

Travailler au Grand Marché de Lomé

Terre des hommes travaille depuis 2005 en faveur des enfants “en mobilité”: migrant depuis les campagnes pour trouver un travail dans la capitale du pays, Lomé. En 2011, la délégation a réalisé une enquête auprès de 1’208 enfants du Grand Marché de Lomé, principal lieu de travail des enfants. 75% d’entre eux travaillent à temps complet. La moitié a moins de 14 ans et n’est pas scolarisée. Les trois quarts de ces plus jeunes ne vivent pas avec leurs parents: un sur quatre vit dans la rue, dans l’enceinte du Grand Marché ou sous des abris, et est donc exposé à des conditions d’extrême vulnérabilité. Les autres, qui logent dans des maisons, sont pour la plupart engagés comme domestiques au sein de leur “foyer” d’accueil, et cumulent donc leur travail au Grand Marché, avec un travail diurne ménager.

Protéger l’enfant migrant

Pour lutter contre les risques de maltraitance sur les enfants, le Gouvernement du Togo est entré dans une dynamique faisant de la protection des droits des enfants une de ses priorités. Mais malgré les dispositifs législatifs; malgré le nombre important d’intervenants; malgré les nombreux programmes de lutte contre la traite et autres interventions auprès des enfants victimes de maltraitances, la situation reste très préoccupante. Le projet de Terre des hommes consiste donc à créer un système pour protéger l’enfant migrant. La migration peut – parfois engendrer des effets bénéfiques pour les enfants – mais aussi déboucher sur des situations d’exploitation, de trafic, de maltraitance, d’abus. L’objectif est de garantir à l’enfant une protection, avec sa volonté, donc où qu’il se trouve. Tout son entourage doit alors être impliqué (parents, tuteurs, employeurs, logeurs, communautés, gouvernement, etc.), de façon à créer un réseau qui proposera des alternatives à la migration et une prise en charge aux enfants victimes d’exploitation.

Ce projet est maintenant mis en place dans les deux quartiers de la ville où la majorité des enfants travailleurs logent, Abové et Bè-Hédzé Kpota. Le gouvernement du Togo et les membres des communautés ont donné leur accord et prouvé leur détermination à la mise en œuvre d’actions pour protéger les enfants. Avec le soutien de Terre des hommes, communautés et Etat, après avoir été formées aux droits et à la protection de l’enfant, sont donc en charge d’organiser elles-mêmes ces actions et de les mener à bien. Aujourd’hui, des activités psychosociales sont déjà proposées aux enfants. Elles leur permettent d’avoir accès à des loisirs mais créent aussi un espace de discussion avec leurs parents, familles et communautés. Ce premier pas ouvrira sur une offre complète de services pour les enfants et adolescents: éducation formelle, cours d’alphabétisation, formations professionnelles, établissement d’actes de naissance, nouvelles activités psychosociales, prévention, écoute, médiation, accompagnement.

“Plus d’informations sur l’intervention de Terre des hommes au Togo”:/fr/countries/togo

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