Urgence Afghanistan
Les enfants en Afghanistan ont besoin de votre aide.  

Rahela,
Sage-femme en Afghanistan

"Nous sentons le danger. Mais nous n'avons pas le choix, nous devons continuer à faire notre travail."

Rahela*, sage-femme en Afghanistan

Depuis le début du projet de Terre des hommes en 1996, Rahela accompagne à domicile les femmes afghanes pendant leur grossesse, leur accouchement et durant les premières semaines de vie de leur bébé. Elle nous raconte sans détour son quotidien de sage-femme dans un Afghanistan en pleine crise.

A quoi ressemble une journée de travail ?

Chaque jour, nous allons d’abord à la clinique publique pour prendre le matériel dont nous aurons besoin pour la journée, comme l’appareil pour contrôler la pression sanguine, le matériel pour les accouchements, du produit désinfectant. Ensuite nous nous rendons au domicile des patientes. Par jour, nous faisons entre 14 et 18 visites de femmes enceintes ou qui viennent d’accoucher, pour examiner leur état ainsi que celui du bébé. Si besoin, nous leur donnons des médicaments et leur partageons des conseils de santé. Cet accompagnement est gratuit pour les familles, c’est une aide indispensable que nous leur offrons.


Rahela utilise des fiches illustrées pour parler d’allaitement et de soins avec ses patientes.

Comment le personnel médical est-il affecté par la situation ?

Le changement a été brutal pour nous ! Avant, aller au travail était facile. Maintenant, nous avons peur que les Talibans nous fassent du mal. Nous sentons le danger. Nous avons dû changer notre façon de nous habiller. Mais nous n’avons pas le choix, nous devons continuer à faire notre travail. La situation a aussi changé dans les hôpitaux. Beaucoup de médecins ont fui le pays, il y a un manque de personnel, de sages-femmes, et de médicaments, alors que le nombre de patients augmente. Pour l’instant, les Talibans ont annoncé que le personnel médical pouvait continuer à travailler. Mais le principal problème est que les salaires ne sont plus versés dans les hôpitaux publics depuis qu’ils ont pris le pouvoir.  

Comment voyez-vous l’avenir ?

L’avenir n’est pas clair. La situation est très inquiétante. Je crains ce qui va se passer avec ce changement de gouvernement. J’espère juste que la situation s’améliore et que nous puissions continuer à travailler sans peur.

Le Covid-19 est-il toujours un défi ?

Les gens ne pensent plus au Covid-19 depuis les événements du mois d’août. Mais dans notre travail, nous continuons à prendre les mesures nécessaires et à informer les patients. Le matériel d’hygiène que nous distribuons permet aussi de lutter contre la transmission de la maladie.

Qu’est-ce qui vous motive à vous lever le matin ?

J’ai toujours adoré mon métier. Quand je venais de finir l’école, je me suis rendue dans une maternité. J’ai vu une sage-femme qui lavait un nouveau-né dans un lavabo. J’ai été intriguée par cette scène et c’est ce qui m’a donné envie de devenir moi-même sage-femme. J’en ai parlé à mon père et il m’a encouragée à commencer des études.

Dans mon travail au quotidien, lorsque des patientes nous croisent, elles nous demandent de venir chez elles. Les mamans sont très reconnaissantes qu’on leur rende visite à domicile. C’est ce qui m’encourage à faire mon travail chaque jour.

 

*Le prénom a été changé pour des questions de sécurité.