COVID-19
La pandémie menace les familles vulnérables.
11.09.2020 - Prises de position

Incendie à Moria : les droits de l’enfant et les droits humains avant tout

L’organisation suisse d’aide à l’enfance Terre des hommes (Tdh) appelle le gouvernement grec à fournir une assistance immédiate aux personnes qui ont perdu leur abri. Le 8 septembre 2020, l’incendie à Moria sur l’île de Lesbos a détruit le logement de plus de 3'500 migrants. Parmi les personnes touchées, beaucoup d’enfants et de groupes à risque sont actuellement en danger. La priorité devrait être accordée aux enfants non accompagnés, aux femmes enceintes, aux personnes handicapées, aux personnes souffrant de problèmes médicaux et de santé mentale qui doivent être transférées sur le continent pour une meilleure protection. Les personnes dont le test de dépistage du Covid-19 s'est révélé positif doivent bénéficier d’une prise en charge adéquate, c’est-à-dire d'un logement sûr pendant la période de quarantaine, de soins de santé et d'une hospitalisation si nécessaire.

Le transfert des personnes de Lesbos vers la Grèce continentale nécessite de trouver des solutions urgentes pour remédier au fait que de nombreuses installations de logement actuelles pour les réfugiés et les demandeurs d'asile sont au maximum de leur capacité. Nous demandons aux autorités grecques de travailler sur un plan cohérent qui maximise toutes les ressources disponibles, y compris celles de l'UE, et nous renouvelons notre appel aux dirigeants européens pour qu'ils partagent la responsabilité de l'accueil et du soutien des demandeurs d'asile, aujourd'hui plus que jamais. En ces temps difficiles, il est primordial que le respect des droits de l'homme soit au centre de la réponse à l'incendie de la Moria, et que les autorités ne recourent pas à la force ou à des propos incendiaires, mais prennent les mesures appropriées pour désamorcer tout risque de violence.

Le camp de Moria est surpeuplé ; doté d’une capacité d’accueil de 2'800 personnes, ils sont plus de 12’000 demandeurs d'asile et réfugiés, dont plus de 4 000 enfants. Aucun moyen n'a été mis en œuvre afin de préserver leur santé avant ou pendant le confinement, déclaré il y a six mois. La santé mentale et physique des demandeurs d'asile et réfugiés a été affectée, les exposant à un risque accru de Covid-19. Le processus de "décongestion" des îles, qui a largement consisté à demander aux réfugiés de quitter les camps, sans moyens de survie, a déjà prouvé son inefficacité, intensifiant le dumping social et l'exclusion. Les exemples les plus frappants de cette politique ratée sont les centaines de personnes, y compris des mères avec des nourrissons, des survivants de violence sexiste et des familles avec enfants, cherchant désespérément un abri dans les espaces publics à Athènes et dans d'autres villes, sans même bénéficier d'une aide de l'État pour la nourriture et l'eau.

En conclusion, Tdh appelle l’ensemble des autorités à respecter les droits de l'enfant et les droits humains dans la réponse à l’incendie, ainsi qu'à accorder une attention particulière aux groupes à risque. Implémenter des moyens pour éviter la propagation du Covid-19 et pour maintenir les demandeurs d'asile et les réfugiés en bonne santé est fondamental.

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