15.03.2016 - Revue de presse

Cinq ans de guerre et des millions d'enfances volées

Le 15 mars 2011 débutait le conflit syrien. Cinq années de guerre ont conduit notamment au déplacement massif de la population et au traumatisme de millions d'enfants.

Dans un rapport intitulé «Pas de place pour les enfants» publié lundi, l'Unicef affirme que la guerre touche maintenant 8,4 millions d'enfants syriens, soit plus de 80% d'entre eux, à l'intérieur du pays comme en exil.

Peter Salama, directeur de l'Unicef pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord a déclaré à l'AFP que ces jeunes «continuent d'abandonner l'école, et beaucoup d'entre eux sont forcés de travailler, tandis que les filles se marient tôt». Il déplore que «cinq ans après le début de la guerre, des millions d'enfants ont grandi trop vite».

Les déplacés sont des centaines de milliers à avoir trouvé refuge au Liban et en Jordanie, où l'association Terre des hommes (Tdh) est présente. Dans ce contexte, l'organisation a choisi d'envoyer un photographe en reportage aux abords de ses centres afin de documenter les conditions de vie des réfugiés et l'aide que Tdh leur apporte.

Evacuer le stress

«La crise syrienne entre dans sa sixième année, explique Zélie Schaller, chargée des relations médias chez Terre des hommes. C'est à cette occasion que nous avons choisi de diffuser ces images. Elles pourraient, pourtant, être publiées à tout moment. Pour les réfugiés, cette crise constitue désormais leur vie quotidienne.»

A travers ces photos, Tdh soulève des problèmes tels que le traumatisme lié à la guerre et le travail des enfants. Dans les centres de l'association, les petits peuvent à travers des jeux, des dessins, des activités physiques et artistiques «évacuer leur stress et parler de ce qu'ils ont vécu».

«Cela permet aux enfants, qui sursautent au moindre bruit, traumatisés par les bombes, de se sentir en sécurité, loin des traumatismes qu'ont également vécus leurs parents. A travers les jeux, ces petits bouts d'chou, dont l'enfance a été volée, peuvent évacuer leurs angoisses et redevenir des enfants», déclare Zélie Schaller. C'est également à travers les activités collectives que les animateurs peuvent repérer ceux qui ont davantage besoin d'aide et, si nécessaire, «les confier à un psychologue qui les soutiendra individuellement».

Subvenir aux besoins de la famille

La crise s'installant sur le long terme, les jeunes sont toujours plus nombreux à devoir travailler au noir. Si Tdh ne dispose pas de chiffres précis, l'organisation se fonde sur les constatations de l'ONU pour affirmer que leur nombre est en forte croissance.

«Les parents n'ont pas le droit travailler du fait de leur statut de réfugié. Ce sont donc les enfants qui se retrouvent à devoir subvenir aux besoins de leur famille, rapporte Zélie Schaller. Car eux, au contraire des adultes, on ne les mettra pas en prison s'ils travaillent, même illégalement.» Tdh intervient alors auprès des familles pour les convaincre de l'importance de la scolarisation et accompagner les enfants afin qu'ils «retrouvent le chemin de l'école».

Dans son rapport, l'Unicef estime que seuls 2,1 millions Syriens sont scolarisés dans le pays et 700'000 dans les Etats voisins. Pour l'ONG, 1,4 milliard de dollars de fonds seraient nécessaires en 2016 pour aider les enfants à retrouver leur dignité et leur bien-être, explique l'AFP. L'agence déplore toutefois n'avoir reçu que 6% du financement requis.

 

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