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15.12.2022 - Actualité

Crise alimentaire : les familles reprennent leur destin en main

C’est une source d’anxiété permanente, qui empêche Aïssata de se projeter dans l’avenir. «Ma préoccupation majeure est que nous arrivions à manger correctement et que mes enfants soient en bonne santé», confie cette mère de cinq enfants, le regard inquiet. Elle sourit, mais ses traits sont tirés. Sa famille fait partie de celles qui sont soutenues par les projets de Terre des hommes dans la Boucle du Mouhoun, une région très déstabilisée par l’insécurité qui sévit au Burkina Faso. Elle a notamment reçu des vivres: du riz, des haricots, de la farine infantile, de l’huile et du sucre. «Cela nous soulage beaucoup», dit Aïssata.


Aïssata avec sa fille Safiatou dans les bras. Elle a reçu de la farine infantile qu'elle pourra utiliser pour préparer de la bouillie.

A lui seul, le parcours de sa famille illustre la somme des défis auxquels est confrontée une part croissante de la population de ce pays sahélien de 22 millions d’habitants. Il y a quelques mois, Aïssata et les siens vivaient encore paisiblement à Gomboro, au nord de la Boucle du Mouhoun. Mais l’irruption de la violence armée dans leur village les a poussés à fuir à plus de 150 km au sud, jusqu’à Cari, une localité proche de Dédougou, le chef-lieu de la région.

«Le Burkina Faso connaît une situation de crise humanitaire sans précédent.»

explique Salifou Ouedraogo, coordinateur du programme d’urgence de Terre des hommes au Burkina Faso. «Elle résulte d’abord de la crise sécuritaire qui affecte le quotidien de plus de 70 % des Burkinabè. Les attaques armées qui déstabilisent les régions de l’Est, du Sahel, du Centre-Nord, du Nord et de la Boucle du Mouhoun obligent les populations à chercher refuge dans des zones plus sûres, principalement dans les capitales régionales», précise-t-il.

Au contexte sécuritaire s’ajoutent les répercussions des dérèglements climatiques. Ils affectent sévèrement le Burkina Faso, altérant les ressources en eau et dégradant les rendements de l’agriculture, un secteur qui occupe plus de 80 % de la population. «Au cours des deux derniers étés, le Burkina Faso, à l’instar des autres pays du Sahel, a connu une sécheresse qui a réduit drastiquement la production nationale, ainsi que l’accès à l’eau et à l’alimentation pour les animaux d’élevage. Les ménages qui tirent leurs revenus de leurs activités agricoles et de l’élevage ont vu leurs économies se fragiliser», souligne Salifou.

Faire face à l’insécurité alimentaire

Le manque de nourriture et le manque de diversité des aliments qui composent les repas ont entraîné une recrudescence de l’insécurité alimentaire, et avec elle une progression inquiétante des cas de malnutrition. Les enfants, à l’image de Safiatou, la fille d’Aïssata, en sont les premières victimes.

Lire aussi: Sahel: une crise alimentaire menace 6 millions d’enfants

Pour faire face à la crise alimentaire, Tdh concentre ses activités humanitaires dans les zones déstabilisées par l’afflux de personnes déplacées. Aucune distinction n’est faite entre les ménages déracinés et les communautés d’accueil. Les familles sont soutenues avec des distributions de biens de première nécessité et, pour remédier à la disparition des services sociaux étatiques, ou les renforcer lorsqu’ils sont encore présents, un accompagnement nutritionnel et des soins médicaux sont également dispensés.

Au-delà de cette réponse d’urgence, Tdh met également en œuvre un programme dédié à la sécurité alimentaire et aux moyens d’existence. Les familles les plus vulnérables reçoivent une assistance sous forme de vivres et de transferts en espèces ou de coupons valables dans les commerces locaux.

«Le cash et les coupons ont l’avantage d’être plus responsabilisants pour les familles,
qui achètent elles-mêmes ce dont elles ont besoin»

souligne José. Ces transferts d’espèces ont aussi vocation à être réinvestis dans des micro-projets d’entrepreneuriat qui vont permettre aux familles de générer des ressources plus durables et ainsi accroître leur résilience.

Certains villages sont difficilement accessibles en période hivernale du fait des routes inondées. Tdh y organise des sessions dans la communauté pour les mères et les femmes enceintes sur la prévention de la malnutrition. Ce jour-là, elles sont nombreuses à être rassemblées sur la place du village. Claudine, trentenaire souriante, a quatre enfants. Elle dit : «J’ai beaucoup appris dans ces activités de sensibilisation : comment préparer de la bouillie pour Barsabasse, mon bébé de neuf mois, ou utiliser une moustiquaire imprégnée pour protéger mes enfants du paludisme. En plus de ces activités, un champ communautaire a été créé, où nous apprenons certaines techniques agricoles. J’apprécie beaucoup ces activités.» D’autres réalisations ont contribué à améliorer la vie des habitants, en particulier le creusement d’un forage qui offre un accès à l’eau potable et permet d’irriguer les jardins potagers.

Des problèmes d’allaitement

Sortir de la dépendance et reprendre le destin familial en main : c’est précisément le souhait exprimé par Azèta, cette mère de famille originaire de Baraboulé, dans la région du Sahel. Elle et les siens vivent maintenant à Ouahigouya, chef-lieu de la région du Nord, suite aux incursions répétées des groupes armés dans leur village et aux menaces d’enlèvements. Depuis, des jumeaux, deux boules d’énergie en pull à carreaux, ont vu le jour dans leur foyer. «Quand j’ai eu mes bébés, j’ai eu des problèmes d’allaitement», raconte Azèta. «C’est à ce moment que j’ai entendu parler de l’ONG Terre des hommes qui aide les mamans et leurs enfants.» Azèta se rend alors à la consultation du poste de santé avancé de Tdh. «Ils m’ont prise en charge gratuitement. J’ai reçu des informations sur l’allaitement maternel. Par la suite une équipe de Tdh est venue nous rendre visite en nous apportant des aliments, du matériel d’hygiène, des couches pour bébé et du savon, ainsi qu’une somme d’argent.»

Son mari, Issouf, se souvient : 

 «Cette aide nous a beaucoup soulagés. Ma famille était épanouie.
Je voyais ma femme prendre du poids et j’étais content!»

Il éclate de rire. Mais il concède que l’équilibre du foyer n’a pas encore été totalement retrouvé. Issouf cherche toujours du travail et, même aidés, les siens restent dépourvus d’ustensiles de cuisine ou de bois de chauffe pour préparer les repas et éclairer la maison la nuit. 


La famille d’Azèta et d’Issouf au complet. Leur espoir reste le même : que la paix revienne et qu’ils et elles puissent rentrer à la maison.

«Car on est toujours bien chez soi»

«Grâce à nos actions, les populations arrivent à faire face à cette situation», résume Issaka Koanda, qui est responsable de la mobilisation communautaire à Ouahigouya. «Mais il faut noter que leurs besoins sont considérables. Les dons d’urgence pourront les aider énormément.» Adossé à un mur de terre ocre, Issouf, le mari d’Azèta se prend à rêver. Ses enfants sagement assis sur une natte sont rassemblés autour de lui. « J’aimerais que la paix revienne dans mon pays afin que nous puissions retourner dans notre village, car on est toujours bien chez soi. Mais je me pose sans cesse la question : ‘Quand ?»

« Nous contribuons à la guérison de neuf enfants malnutris sur dix »

Bilalé Porgo, Coordinateur médical pour le programme d’urgence au Burkina Faso

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