31.08.2011 - Actualité

Egypte: Terre des hommes s'engage contre le travail des enfants

Pour lutter contre le travail des enfants en Egypte, Terre des hommes ouvre un projet en faveur de 4’000 enfants. Retirés d’un travail agricole harassant, ils pourront regagner des systèmes éducatifs améliorés et se tourner vers leurs familles qui bénéficieront de meilleures conditions de vie.

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) estime à 250 millions le nombre d’enfants qui travaillent de par le monde. Parmi eux, 120 millions travailleraient tous les jours, et les deux tiers dans le domaine de l’agriculture – l’un des trois plus dangereux secteurs pour la santé et la sécurité des enfants. Ils commencent souvent à travailler à partir de 5 ans, ce qui entrave aussi toutes leurs chances d’aller à l’école ou de suivre une formation qui assurerait leur avenir.

En Egypte, les enfants seraient 7 millions à travailler, dont 83% dans les régions rurales, principalement les gouvernorats d’Assiout, Sohag et Beni Suef. De nombreuses familles ne peuvent pas se passer des revenus que leurs enfants leur apportent. Dans certains foyers, l’enfant est la seule source de revenus. Dans d’autres, il doit remplacer son père malade, dans des conditions toujours plus dangereuses pour sa santé. Et pour quelques chefs d’entreprise, l’enfant représente de la main d’œuvre bon marché, plus obéissante et malléable que des employés adultes.

La promulgation d’une nouvelle loi sur l’éducation visant à retirer les enfants des champs pour les intégrer au système scolaire n’a eu que trop peu de succès dans les régions les plus pauvres. La majorité des familles n’ont pas de moyens pour payer les frais de scolarité, d’autres ne sont pas en accord avec ce qui est enseigné dans les écoles – un enseignement qui n’a pas comme conséquence directe de rapporter de l’argent. Parfois même, la qualité médiocre de l’enseignement incite les enfants à retourner au travail.

En 2011, Terre des hommes a mené une enquête dans le gouvernorat d’Assiout, l’un des gouvernorats les plus défavorisés d’Egypte, où plus de la moitié de la population est pauvre et où 20% des enfants travaillent dans le secteur agricole. Cette enquête a confirmé que “les droits des enfants qui travaillent dans l’agriculture sont bafoués. Ils souffrent d’une absence de protection et sont exposés à de graves risques sur leur santé, notamment à cause d’une exposition au soleil toute la journée ou l’ingestion de pesticides. Certains travaillent jusqu’à 10 heures par jour. Beaucoup ont des accidents sur la route de leur lieu de travail ou sont maltraités par leur employeur.”

Face à cette situation, Terre des hommes ouvre une action dans trois districts d’Assiout. Ce nouveau projet a pour but de réduire le travail des enfants en améliorant notamment les systèmes d’éducation et en aidant les familles à pouvoir répondre à leurs difficultés économiques autrement. En collaboration avec cinq ONG locales, Tdh entend aider 4’000 enfants âgés de 6 à 16 ans à sortir du travail forcé pour rejoindre des programmes éducatifs et améliorer les conditions de vie de 1’000 familles.

Les autorités gouvernementales locales ainsi que les communautés seront directement impliquées dans ce projet. Elles seront formées et soutenues à savoir et pouvoir défendre les droits des enfants et à renforcer les mécanismes existants de protection de l’enfance.

Cette “stratégie de sortie” vise non seulement à retirer ces enfants du travail et leur assurer protection et sécurité. Grâce à la prévention, à l’amélioration de la qualité de l’éducation, des services sociaux et sanitaires, elle a la mission d’éliminer progressivement le phénomène du travail des enfants dans les trois districts d’Assiout et de réduire les possibilités ou volontés d’engager des enfants dans un travail qui ne respecte souvent même pas les droits des adultes.

Ces dernières années, la problématique du travail des enfants est devenue une priorité dans l’agenda international. Cependant, les points de vue et stratégies de tous pour lutter contre ce phénomène différaient largement. Un côté appelait une éradication immédiate de toute forme de travail des enfants, alors que l’autre plaidait pour l’élimination de la pauvreté avant de s’attaquer au travail des enfants. Une compréhension plus approfondie a révélé que le travail des enfants est un phénomène plus compliqué que cela, profondément enraciné dans des structures sociales, culturelles et économiques. Par conséquent, une approche plus équilibrée a émergé au sein des réseaux internationaux, appelant à une élimination “progressive” du travail des enfants, donnant la priorité aux actions prises à l’encontre des pires formes de travail des enfants (Convention sur les pires formes de travail des enfants de l’OIT).

“Plus d’informations sur les projets de Tdh en Egypte”:/fr/countries/egypte

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