18.01.2018 - Actualité

La Chaîne du Bonheur, chaîne de solidarité en danger

Difficile de voir un lien entre votre facture Billag de CHF 450.- pour la redevance Radio/ TV et un enfant soutenu par Terre des hommes. Et pourtant... L’initiative «No Billag» soumise au vote le 4 mars menace la Société suisse de radiodiffusion et télévision (SSR), fondatrice de La Chaîne du Bonheur (CdB), dont les collectes sont reversées aux projets d’organisations humanitaires. Le point avec Tony Burgener, directeur de cette fondation.

Comment fonctionne la CdB?

Grâce à la générosité du public suisse et à la SSR qui organise les journées nationales de collecte, nous finançons les projets de nos 25 partenaires à l’étranger et d’une cinquantaine d’associations en Suisse. Nous choisissons des organisations fiables dont nous évaluons les projets sur le terrain. Nous faisons ce travail dans un esprit de partenariat avec les ONG suisses. Ce système est unique, il n’existe dans aucun autre pays.

Vous êtes l’un des principaux bailleurs de fonds de Terre des hommes. Un projet qui vous a particulièrement marqué?

J’ai visité vos projets en Irak cette année, c’était un nouveau Terre des hommes que j’ai découvert, une organisation qui était tout près du front, avec toutes les qualités et les précautions nécessaires pour répondre aux besoins des populations. C’est une opération phare de Tdh qui illustre bien son intention de se positionner beaucoup plus dans des situations de conflit. Ce qui est bénéfique pour la CdB, qui doit compter sur des partenaires forts dans ce domaine-là aussi.

La population suisse va voter sur l’initiative «No Billag», qui couperait le financement de la SSR par la redevance radio/ TV. Quel est votre lien avec la SSR?

Ça commence avec une histoire. En 1946, deux animateurs de la radio ont l’idée d’une émission nommée «La Chaîne du Bonheur» où des auditeurs peuvent lancer des projets de solidarité. Ils ont commencé à faire des collectes lors des grandes inondations en Allemagne et en Italie dans les années 1950, et la SSR s’est associée à des ONG suisses à qui elle redistribuait l’argent. En 1983, la SSR a réalisé qu’elle ne pouvait pas faire ce travail à l’interne et a décidé de créer une fondation.

Comment s’exprime cette relation aujourd’hui?

Ce lien est encore très fort et c’est pour cela que la SSR appelle la CdB son bras humanitaire! Outre le Conseil de Fondation, il y a ces fameuses journées de collecte que la RTS à Genève, SRF à Zurich, RSI à Lugano et RTR à Coire soutiennent en mettant à disposition leurs infrastructures et des animateurs. La diffusion se fait pendant 24h sur tous les canaux et dans les quatre régions linguistiques. Ce sont des moments forts pour notre pays, la tradition humanitaire fait partie de l’ADN de la Suisse.

Que se passerait-il pour la Chaîne du Bonheur et les projets humanitaires qu’elle soutient en cas de oui à l’initiative?

La SSR est très claire là-dessus, si l’initiative «No Billag» est acceptée, elle peut fermer la porte. Et sans doute nous aussi car nous perdrions alors un précieux maillon de notre chaîne de solidarité. Je ne suis pas sûr qu’on existerait longtemps après. Sans cette plateforme de communication pour les appels aux dons, on n’aurait plus le même impact pour générer à très peu de frais beaucoup de fonds pour les ONG suisses et les populations affectées.

 

Billag est l’organe chargé de percevoir la redevance radio/tv. C’est une taxe dont doivent s’acquitter les résidents en Suisse pour le financement de l’audiovisuel public. L’initiative «No Billag», dont le vote aura lieu le 4 mars, considère cette redevance comme une restriction à la liberté individuelle et souhaite la supprimer. Pour les opposants, elle doit être maintenue car elle défend la pluralité des opinions, reflétant l’ensemble des domaines qui intéressent la population suisse, et contribue ainsi au bon fonctionnement de la démocratie.   

Crédit photo: © Tdh

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