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La pandémie menace les familles vulnérables.
03.05.2017 - Actualité

Migration: entre mythes et réalité

Tous les jours, les médias abordent le thème de la crise des réfugiés. Les politiciens utilisent les inquiétudes de la population pour gagner des voix. Les pays ferment leurs frontières; dans une large mesure, l’immigration est devenue indésirable.

Les avis sur la question migratoire sont nombreux. Mais quels sont véritablement les faits?

«La migration est un problème qui doit être endigué.»

La migration est principalement présentée comme un problème. Beaucoup la considèrent comme une menace pour notre sécurité et notre prospérité. Pourtant, la migration n'est pas un phénomène exceptionnel. Elle représente un élément inhérent à notre histoire. Pendant des siècles, les hommes ont migré et se sont établis dans de nouvelles régions. La Suisse, par exemple, est un pays d'immigration. Presque un quart de la population possède un passeport étranger et de nombreux citoyens puisent leurs racines dans un autre pays. La migration permet aux États de croître aussi bien sur le plan économique que culturel. Nous ne pouvons empêcher la migration, mais nous pouvons la transformer en un facteur positif.

«Les réfugiés sont trop nombreux, nous ne pouvons pas tous les accueillir.»

«Tous veulent atteindre l'Europe, et surtout la Suisse»; c’est la représentation la plus répandue. En réalité, environ 86% des réfugiés vivent dans des pays en voie de développement. Ce sont les pays voisins des régions en crise qui sont clairement les plus fortement touchés par la migration. Si l’on examine les statistiques de plus près, on remarque qu’à peine 10% de l’ensemble des réfugiés syriens ont migré vers l’Europe, tandis que le Liban a accueilli à lui seul 1,1 million de demandeurs d’asile. Au total, 45'804 réfugiés admis vivaient en Suisse fin 2016. Avec 0,5%, cela représente une fraction infime de notre population.

«Les réfugiés ne font que profiter et n'apportent aucune contribution.»

Les réfugiés récemment arrivés en Europe sont jeunes et plus instruits que la moyenne de leur pays d’origine. La plupart des réfugiés préfèreraient décrocher un emploi plutôt que de dépendre de l’aide sociale. Toutefois, il leur est souvent difficile de trouver du travail. D'autres obstacles subsistent pour les réfugiés qualifiés: leurs diplômes ne sont généralement pas reconnus dans leur pays d'accueil. Cela empêche également les jeunes de poursuivre leur formation. En Suisse, les réfugiés admis attendent longtemps de pouvoir contribuer activement à la société. Cela ne vient pas de leur volonté à s’intégrer, mais plutôt du système qui les empêche de le faire.

 

Migration positive

La solution au débat sur la migration ne sera pas servie sur un plateau d’argent. Il est clair qu'il y aura encore des vagues migratoires et des réfugiés supplémentaires. Les États doivent donc réfléchir aux moyens de contourner cette réalité et de trouver des solutions positives. Terre des hommes souligne en particulier la nécessité de protéger les enfants et les adolescents toujours plus nombreux, souvent livrés à eux-mêmes, et de les aider à s’intégrer. Les mineurs non accompagnés doivent être pris en charge de manière adéquate et ont le droit à l’éducation et à la formation. Une attention particulière doit être accordée aux troubles psychiques et mentaux, en proposant un soutien psychologique pour surmonter le traumatisme. Ces mesures améliorent les perspectives futures de ces jeunes, qui feront à l'avenir partie de notre économie croissante.

Dans l’absolu, l’immigration ne peut être réussie que si la communauté d’accueil est prête à considérer les réfugiés comme un potentiel, et non comme un fardeau. Alexander Betts, directeur du centre d’études sur les réfugiés de l’Université d’Oxford, explique: «Les réfugiés ne doivent pas être un fardeau. Ce sont des hommes et des femmes dotés d’aptitudes, de talents, d’objectifs – ils sont capables d’apporter leur contribution, si nous leur en laissons la possibilité.» De manière générale, si nous octroyons aux réfugiés admis le droit au travail et à l’éducation et si nous leur permettons de jouer un rôle constructif dans notre société, l’immigration revêt alors un aspect positif.

Crédits photo: © Tdh/ Francois Struzik et Ollivier Girard